Des bruits dans la chambre d'à côté. Aux petits pas rapprochés, je sais que c'est le plus jeune. La poignée de la
porte descend doucement. Un coin d'obscurité se découpe sur le mur quand il pousse le battant qui ouvre sur le pallier resté dans le noir.
- Papa... J'arrive pas à dormir.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as trop chaud ?
- J'ai soif.
- Viens, on va descendre boire un verre d'eau fraiche.
Nous n'allumons pas la lumière. Les bruits de la nuit nous parviennent par la fenêtre de la cuisine qu'on a laissée
ouverte en espérant que la fraicheur entre.
- Qu'est-ce qu'il y a dehors ?
- Rien de spécial. C'est le jardin la nuit.
- Alors qu'est-ce qui fait ce bruit ?
Je n'y avais pas prêté attention, sans doute l'effet de l'habitude.
- Ça doit être une chouette ou quelque chose comme ça. Elle fait ça tout le temps.
- On peut aller la voir ?
- Je ne sais pas si on la verra mais on peut sortir un peu si tu veux. D'abord, tu vas mettre quelque chose à tes
pieds. Tiens, tes sandales sont juste en bas de l'escalier. On va aller s'installer dans les fauteuils du jardin.
Son visage s'est littéralement arrondi comme si on le gonflait comme un ballon. Les yeux d'abord puis son sourire. Le
genre de vision que je souhaite à chaque papa de vivre un jour dans sa vie.
Dehors, il fait à peine moins chaud que dans la maison. Juste l'illusion qu'il y a davantage d'air. On s'installe sur
le transat. Il se glisse entre mes jambes. La tête dans les étoiles, on sirote nos verres sans un mot. Sa respiration se fait plus régulière. Il ne remarque pas quand le chat s'approche pour
vérifier qui ose envahir son territoire.
Il ne faut pas que je le réveille en le montant dans son lit.
Vous me l'avez écrit