Mardi 22 avril 2008


Et voila, je m'emballe, je m'emballe et je ne me suis même pas rendu compte que j'avais mis en ligne mon 100ème post en effectuant la remise des prix la semaine dernière...

Quand j'ai lancé ce blog, je n'imaginais pas en arriver là.

Merci à vous de m'avoir accompagné tout le long de ce chemin et j'espère que vous prenez autant de plaisir à le lire que moi à le tenir.

Encore une fois merci à tous !!!

A demain pour une nouvelle tranche de vie.


par Roland Ivy
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Mardi 22 avril 2008
 

Je reprends les choses là où je les avais laissées ou plutôt là où Patrice les avaient mises après mon texte d'hier (cf son commentaire)

Petit résumé : Un pauvre type, un « cassé de la vie », qui s'était trouvé un moyen pour se mettre à l'abri dans la cave d'un immeuble assiste à l'agression d'une femme par un inconnu. Il s'interpose et permet la fuite de la dame. Mais il est blessé par l'agresseur qui le tabasse avant de disparaître. Notre pauvre hère cherche à rejoindre son abri mais découvre qu'il a perdu le passe qui lui permettait d'ouvrir la porte. A ce moment, Roland Ivy arrive et entre dans l'immeuble. Notre homme se précipite mais Roland Ivy prend peur en le voyant et il claque la porte. En remontant chez lui, un peu inquiet, il décide d'appeler la police. On ne le prend pas au sérieux alors il redescend voir ce qui se passe. Peu après, un nouvel appel au commissariat annonce qu'un cadavre a été découvert à la porte de l'immeuble et qu'il s'agit de Roland Ivy...

 

Je repose le combiné totalement interloqué. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qu'est-ce qu'il voulait ce type ? Et pourquoi ne veulent-ils pas venir voir se qui se passe ? Je ne sais pas pourquoi mais je suis un peu inquiet. En y réfléchissant, ce que j'ai pris pour une attaque de sa part n'était peut-être qu'un appel au secours. Non, décidément, je ne peux pas faire comme s'il ne s'était rien passé. Il faut que j'aille voir. Si jamais il avait besoin d'aide...

 

J'enfile à nouveau mon imperméable que j'avais jeté sur le radiateur en entrant et je tire la porte derrière moi. Je palpe à travers l'étoffe pour m'assurer que mon portable est bien là tandis que mon autre main se tend vers le commutateur de la minuterie. Je me demande bien ce que je vais trouver en bas. Si ça se trouve, tout sera rentré dans l'ordre et il n'y aura personne. Allez, Roland, on y va !

 

Quand je tire la lourde porte de l'immeuble, je me retrouve nez à nez avec la jeune femme qui a emménagé au troisième la semaine dernière. Elle a l'air affolée et se précipite dans le hall.

 

- Tout va bien ?

- Moi, oui. Par contre, il y a un homme dehors. Il est mort.

- Mort ?

- Il a du sang partout sur lui. Je crois bien qu'il est mort.

 

Je me précipite. Juste sous le réverbère, il y a le type que j'ai aperçu tout à l'heure. La pluie continue à tomber et l'eau qui ruisselle est mélangée à du sang. Je vois de la vapeur qui sort de sa bouche.

 

- Il respire. Il est vivant. Appelez les secours. Faites le 15 ! Et la police aussi.

- J'ai déjà appelé la police.

- Et alors ?

- Ils arrivent. Quand je leur ai donné son nom, ils m'ont dit qu'il les avait appelés il y a quelques minutes.

- Vous le connaissez ?

- Il s'appelle Roland Ivy. Il avait à la main un billet d'avion. Son nom est écrit dessus...

 

Instinctivement, je porte ma main à la poche intérieure de mon imperméable. Elle est vide. J'éclate de rire...

 

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Lundi 21 avril 2008
 

Il y a peu, je vous avais donné des devoirs à faire pendant MES congés. Parmi les réponses qui m'ont été faites, Polly a mis en ligne un texte intitulé « Tranche de vie ». Elle concluait sur une invitation à le poursuivre. Je n'avais pas eu le temps de le faire mais je répare ce manque.

 

Comme souvent, en tant que mauvais élève, je ne proposerai pas une suite mais des tranches parallèles dont voici le premier service.

 

 

« Allo, c'est bien la Police ?... Voilà, je me permets de vous appeler parce qu'il vient de se passer quelque chose en bas de chez moi... Mon nom ?... Je m'appelle Ivy, Roland Ivy... Mon adresse ?... J'habite au 37 de la rue des Roses... Mais est-ce que vous allez m'écouter au lieu de me poser des questions ?... Attendez que je vous raconte... Laissez-moi parler au moins... Bon, j'y vais... Il y a un homme qui a tenté de se précipiter dans notre cage d'escalier au moment où je rentrais chez moi... Oui... Non... Je ne quitte pas... Allo ?... Bonsoir... Votre collègue vous a raconté ?... Ecoutez, on ne va pas recommencer... Ah, si... Il faut que je recommence depuis le début... Non ?... Si... Il y a à peine dix minutes, je rentrais chez moi... Pourquoi à cette heure ?... Je suis désolé, je travaille tard et je rentrais juste chez moi... Mon travail ?... Je travaille pour une société d'import-export... Mais écoutez-moi enfin... Mais non, c'est normal que je rentre si tard... Je travaille avec les états de l'Amérique du sud... Si... Bref, il y a du décalage horaire et je finis souvent tard dans la nuit... Mais enfin... Ecoutez-moi, il y a peut-être urgence... Je rentrais chez moi... J'étais plutôt content parce que, pour une fois, j'avais trouvé une place à proximité... Avec le froid qu'il fait en ce moment, j'étais plutôt pressé... Je courais sur le trottoir... J'avais mes clés à la main... Il commençait à pleuvoir... Pardon ?... Oui, il pleut maintenant... Mais le problème n'est pas là... Je peux continuer ?... Je me suis précipité sur la porte cochère... Non... Il y a un code mais il ne fonctionne pas la nuit... C'est pour ça que j'avais mes clés... Je me suis jeté à l'intérieur quand je l'ai vu se précipiter sur la porte... C'était une ombre... Une espèce de type tout sombre... Avec un chapeau... Il avait une laine polaire déchirée... Non... Je ne le connaissais pas... Il poussait une espèce de râle... Et là, comment dire ?... J'ai eu peur... La porte, je l'ai repoussée... Mais j'ai bien vu qu'il se précipitait dessus... Quoi ?... Non, il n'a pas cherché à l'ouvrir... Je l'ai juste vu qui se précipitait... Après ?... Je ne sais pas, moi... Je suis monté chez moi... Dans l'escalier, j'ai... Non.. J'ai pris l'escalier, il n'y a pas d'ascenseur... En montant les marches, je me suis dit que, peut-être, il avait besoin de quelque chose... Mais... Vous n'allez pas venir ?... Pour vous, il n'y a pas eu tentative d'effraction?... Vous ne vous déplacez pas en pleine nuit pour si peu?... Mais qu'est-ce que je peux faire ?... Aller voir moi-même?... Comment ?... Oui, il pleut toujours... Mais le problème n'est pas là... Bon j'y vais... Et si je prends une balle, un coup de couteau ou juste un coup dans la figure, après je vous rappelle... Mais non ce n'est pas une plaisanterie... Allo ?... Allo ?... Allo ?...»

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 17 avril 2008

Bon, je vous l’annonçais ce matin. Je suis allé assisté à la " déconstruction " d’un immeuble. C’est le terme qu’ils utilisent pour dire qu’ils le font sauter. Imploser pour être précis. 120 kg d’explosifs et en un instant, un énorme paquebot de 11 étages se retrouve par terre dans un nuage de poussière. Le plus cool, c’est qu’à côté, il y avait un vieux cèdre centenaire. Même pas bougé l’arbre. Allez, je vous raconte.

Finalement, j’ai décidé d’y aller à pied. Trois bornes aller, trois bornes retour, ça sera toujours bon pour mon petit cœur et pour la planète. De toute façon, j’aurais pas trouvé de place pour me garer.

J’avance à grandes enjambées, j’ai vissé mon I-pod sur les oreilles. Du vieux blues des familles. A peine quelques hectomètres et je me rends compte que mes pas suivent le rythme de la musique. Au fur et à mesure que j’avance, je me retrouve pris dans une foule qui se dirige comme un seul homme dans la même direction. On monte vers le Plateau. Bien sûr, de là-haut, on le verra bien…

Le vieux village qui s’est agrandi d’un massif grand ensemble dans les années 60 longe les vignes. Chacun avance en bordure de celles-ci en guettant le moment où Il va nous apparaître. Ca fait maintenant cinq mois qu’on le voit se préparer pour l’événement. En plein hiver, de braves types – tous de couleur – l’ont débarrassé de tous ce qui devait disparaître : vitres, cloisons, amiante…

Juste après le cimetière, Le voilà. Il est tout enrubanné de calicots publicitaires. On avance encore de façon à avoir une vue imprenable. Alors on monte dans les vignes, toujours plus haut, pour le voir en entier.


Finalement, j’ai choisi ma place. Peut être pas la meilleure, mais j’en vois une grande partie. Autour de moi, c’est la foule des grands jours. D’abord, tous les habitants du périmètre de sécurité qui ont été priés d’aller voir d’ailleurs que depuis la tente des officiels et puis les curieux comme moi, venus d’un peu plus loin…

Il y a des hauts-parleurs qui annoncent, un compte à rebours plus ou moins régulièrement. Ca fait un peu fête au village. Avec le soleil, cette déconstruction a des allures de kermesse. A 10h55, un sirène retentit, lugubre. Les gens se redressent, sortent les appareils photo, leurs camescopes, leurs jumelles ou leurs lunettes. Les mouchoirs restent cachés, pour l'instant.

11h59, nouvelle sirène. On entend quelqu’un qui dit : " C’est parti ". Puis le décompte final par le Maire et la dame qui a été choisie pour appuyer sur le bouton. On l’a vue à la télé régionale hier. C’est une ancienne habitante de l’Immeuble ; son nouveau logement est très bien mais elle a versé sa petite larme devant les objectifs…

" 10… 9… 8… 7… 6… 5… 4… 3… 2… 1… 0… "


Il
est tombé sur lui-même d’un seul coup. La déflagration nous est parvenue alors qu’il était déjà au sol et que montait la poussière…

" Et le cèdre est toujours là " dit le Maire.




Des enfants applaudissent. A côté de moi, une vieille dame tombe en larmes dans les bras de son fils. Très vite, les gens se dirigent vers le bas de pentes.

Je reste là, à attendre que la poussière se dissipe. Dans le cimetière juste en dessous, deux petites filles remontent l’allée centrale. Elles sont habillées en dimanche. Chacune serre un bouquet de tulipes dans la main. J’ai l’impression qu’elles s’en foutent de l’Immeuble

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 17 avril 2008
Vite !!!!!!!!!!

Faut que je me magne. Aujourd'hui, juste à côté de chez moi, ils font sauter
ils déconstruisent un immeuble.

A onze heures pétantes : BADABOUM , nuage de poussière, clap-clap-clap, snif-snif, Champagne pour les huiles, bière pour les prolos, flash des journaleux et tout et tout...

Alors il faut que je m'arrache :
1. Ils vont bloquer toutes les rues
2. Je ne vais rien voir si je suis mal placé.

Je file. Je vous raconterai.

A+
Roland


PS : Pensez à libérer Chris des toilettes !!!!!!!!!!!


par Roland Ivy
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Mercredi 16 avril 2008

Bon, voilà. J’ai corrigé vos copies et je vous rends les notes. Comme toujours, il y a de très bonnes choses. Certains d’entre vous ont fait de réels efforts. Mais je constate que d’autres ont profité de mon absence pour ne rien faire… Il leur reste le troisième trimestre, dont vous savez qu’il est très court, pour faire leurs preuves. Attention donc à ne pas vous laisser aller si vous voulez passer en classe supérieure.

Sujet N°1 - Le rallye : 4 participations

Sujet N°2 – La première phrase : 4 participations

Sujet N°3 – La dernière phrase : 3 participations

Sujet N°4 – Les pages roses : 3 participations

Sujet N°5 – Texte à thème - La rupture : 5 participations

Sujet N°6 – La photo : 4 participations

Sujet N°7 – Friction historique : 1 participation

  1. Patrice : 1 devoir par jour. C’est bien, mon grand. Toujours fidèle, sérieux, efficace. Félicitations du conseil de classe.
  2. Quichottine : N’a pas fait le dernier devoir mais a fait montre de beaucoup de sérieux pour rattraper son retard car elle avait été absente au début de la semaine – Encouragements du conseil de classe.
  3. Polly : Une seule participation mais qui traitait de cinq sujets à la fois. Grande originalité. Pensez à bien profiter de vos vacances.
  4. Chris : 3 participations – A fait preuve de mauvaise volonté en début de parcours mais s’est finalement mise à l’ouvrage. Doit poursuivre dans cette voie.
  5. Blanche : A tout fait, tout au long de l’épreuve, pour ne pas participer mais a finalement craqué en fin de parcours. A été présente à chaque séance – Avertissement en conduite atténuée par son assiduité.
  6. Noute : 1 participation – Beaucoup d’absences pour lesquelles l’administration attend toujours des justificatifs. Dommage car le seul devoir rendu était fort pertinent.

 

Quant aux autres, sachez que vos parents recevront sous peu une note présentant les raisons de l’avertissement en travail qui vous est adressé pour cette fois.

Rompez !….

 

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : Au fil des mots
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Lundi 14 avril 2008
 

Si je vous dis que je n'ai rien fait pendant une semaine, me croirez-vous ? Je découvre vos travaux de vacances et je constate que vous n'avez pas beaucoup travaillé. Ce n'est pas grave. Pour vous remercier d'être quand même passés me voir au cours de la semaine dernière, une petite histoire imaginée en marchant sur les volcans, pas très loin de chez Noute.

 

 

 

Au bord du quai



- A ce soir.

- Bonne journée, chéri.


Elle lui tend ses lèvres et se précipite dans l'escalier descendant vers le quai. Il continue sur quelques mètres et enfile les marches qui le mènent de l'autre côté de la voie. Maintenant, ils sont face à face, séparés par le fossé où passent les rails. Quand le premier train arrive, il lui fait un petit signe de la main avant le passage de la rame qui va l'emmener vers sa journée. Le métro repart. Le quai d'en face s'est vidé. Il jette un regard vaguement intéressé aux affiches jusqu'à ce que son métro entre dans la station dans un vacarme assourdissant.


Les gens autour de lui se précipitent et se jettent dans la chaleur des voitures à la recherche d'une place disponible. Le signal sonore retentit, les portes vitrées coulissent sur leurs rails. Un léger cliquetis et le train disparaît dans le tunnel. Il reste seul sur le quai.


Il n'a pas bougé.


Déjà de nouveaux voyageurs apparaissent. Une nouvelle rame pour le quai d'en face. Une autre pour le sien. Cette fois, il recule de quelques pas et se pose sur l'un des inconfortables baquets en matière plastique qu'ils ont installés pour remplacer les bancs qui permettaient naguère à ceux qui cherchaient un abri de s'allonger un peu...





*****************




- Passé trente-cinq ans, il y a davantage de chances de tomber sur un rechapé que sur une première main. Et puis, tu sais Delphine, un célibataire de cet âge, c'est plutôt suspect. A mon avis, tu devrais être moins difficile. Parfois sur le marché de l'occase, on trouve des trésors. Regarde le mien. Ses gosses sont déjà grands. D'ici trois ans, cinq au maximum, ils voleront de leurs propres ailes. Et puis, il a déjà pris des claques dans la vie ; ça forge l'expérience.


Le « rechapé », la bonne « occase », c'est moi. Pendant que je prépare le thé, elle essaie de remonter le moral à sa vieille copine qui m'a à peine salué tout à l'heure quand elle est arrivée toute dégoulinante de rimel le long de ses joues pleines de larmes. Tu parles d'une chieuse, celle-là. Vingt ans qu'elle court le prince charmant.


Elle en a une vision absolument non conforme aux types qu'elle croise régulièrement. Si jamais j'avais ça dans mes tablettes, je ne lui en parlerais même pas. Jeune, beau fort, intelligent, spirituel et attentionné, bonne situation obligatoire avec perspective d'héritage à moyen terme en vue et surtout, sans enfants...


Ce dernier point est rédhibitoire. Après tout, c'est son droit. Il faut dire qu'elle a de quoi offrir en retour. Plutôt massive, visage peu avenant, a dû oublier que sourire rendait les gens plus beaux, ne s'intéresse à rien, sans famille, propriétaire (dans 16 ans ½) d'un studio de 28 m² en banlieue est. Mais elle, sans enfants... Et très bonne cuisinière (rendons-lui cette qualité).


Bref, la Delphine, qui a dû se prendre son soixante-quinzième râteau ou bien éconduire son dernier prétendant pour cause de non conformité au cahier des charges est en train de se morfondre sur la canapé du salon pendant que ma légitime joue mission impossible auprès cette princesse pas vraiment charmante qui n'a pas du tout envie qu'on lui remonte les bretelles, vu que la seule chose qui l'intéresse, c'est qu'on la plaigne ou alors qu'on lui présente un gugusse conforme à ses voeux.




*****************




Quand tu te casses quelque chose, l'os qui se reforme a une espèce de petit renflement. Ça s'appelle un cal. Pour une cicatrice, c'est pareil. La peau se referme mais là où il y avait la blessure, la peau ne retrouve pas son aspect initial. Pour les « rechapés », même si on a remis de la gomme dessus, il y a tout de même une faiblesse. Pour peu que le type se soit fait larguer sans ménagement et sans raison objective autre que la lassitude, il en garde toujours une blessure.


Là-dessus, elle n'a pas tout à fait tort ma nouvelle. Les claques que tu prends dans la poire, ça te forge. Parfois, ça te rends plus fort, parfois c'est l'inverse. Mais de toute façon, il t'en reste toujours quelque chose.


Moi qui avait cru qu'une fois que cette chierie d'enfance serait loin derrière moi et que, enfin, la vie allait me sourire une fois marié, je m'étais laissé aller dans le doux confort de cette vie à deux. Avec ma première, nous nous entendions bien, nous avions une vision plutôt semblable de la vie. Nous avions de quoi vivre confortablement, sans excès, mais c'était suffisant pour nous. La vie s'écoulait doucement alors que nous voyions nos enfants grandir. Nous passions beaucoup de temps ensemble, nous avions des activités rien que pour nous. C'était bien ainsi. C'est ce que croyais...


Un soir, elle n'est pas rentrée. Sur la table, elle avait laissé un message : « Ne m'attends pas ». Toute la soirée et toute la nuit pourtant, je l'ai attendue. Au matin, elle n'était pas là. Son portable basculait toujours sur messagerie. Alors, j'ai levé les enfants, je les ai conduits à l'école et je suis aller travailler. A midi, je me suis précipité à la maison. Elle était repassée prendre quelques affaires. Un autre mot m'attendait : « J'ai besoin de prendre l'air. Je m'absente quelques jours. Ne cherche pas à me joindre. » Pas un mot pour les enfants...


Quinze jours. Quinze nuits sans sommeil. Onze kilogrammes disparus dans la nature. Des sourires devant les enfants (« Maman est en voyage pour son travail... »). Le désespoir. L'angoisse. Le vide.


Et puis, au bout de ce tunnel-là un appel sur mon téléphone. « Faut qu'on se parle. Où est-ce qu'on peut se voir ? ». Je lui ai donné rendez-vous dans un parc. Quand elle est arrivée, je ne l'ai pas reconnue tout de suite. Elle s'était fait couper les cheveux et avait fait une teinture. Elle s'est assise sur le banc à côté de moi. Tout le temps où elle a parlé, ses yeux n'ont pas quitté les canards sur l'île au milieu du bassin.


A la fin de ce long monologue qu'elle semblait réciter par coeur, tout était déjà plié. A quoi bon discuter ? Elle avait rencontré un autre homme. Elle partait. Elle n'avait rien à me reprocher. Elle voulait quelqu'un de moins « parfait », de plus fou. Elle avait l'impression d'étouffer. On verrait pour la suite dans quelques temps. Elle me chargeait de m'occuper des enfants. « De toute façon, ils ne manqueront de rien avec toi. »




*****************




La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. Il y en a eu des gazelles qui ont fait les belles devant le vieux lion blessé. Moi je n'avais rien demandé, j'avais juste envie qu'on me foute la paix. Quand tu prends un tel coup de massue sur la tête, tu n'as pas vraiment envie de faire confiance à nouveau.


En plus, depuis la déclaration du parc, elle avait changé son fusil d'épaule. Le « je pars » s'est transformé en « il faut que tu partes ». J'ai donc recherché un appartement et je l'ai laissé s'installer chez nous avec son nouveau mec. Les enfants n'ont pas vraiment réagi à cette situation. Les procédures de sa saloperie d'avocat, mon studio sordide, les pensions à régler ont fini de m'anéantir.


Ayant définitivement perdu le sommeil, je passais mes nuits à marcher dans les rues. J'ai cru que je n'étais plus rien. Mille fois, j'ai souhaité mourir, pour que ça s'arrête. A chaque fois, j'ai pensé que mes enfants ne méritaient pas un père qui disparaîtrait comme ça.


Pourtant, un soir, trop fatigué par ces nuits ou je n'en pouvais plus de ne pas sombrer dans le sommeil, un soir où j'étais trop abattu par ce qu'elle me faisait subir, un soir où je voulais la punir, j'ai avalé une boîte de cachets après avoir recopié ces vers de Victor Hugo que j'ai laissés en évidence sur la table.


Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,

Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange ;

La chose simplement d'elle même arriva,

Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.




*****************



Je me suis réveillé vingt et une heures plus tard dans un lit d'hôpital. Sans doute a-t-on compris que j'appelais au secours et l'on m'a soutenu pour reprendre goût à la vie. Ça a pris de longs mois. D'abord avec des béquilles, puis en liberté semi-surveillée. Il a fallu qu'un jour je gueule plus fort que les autres pour dire au monde que j'étais sorti de cette ornière.


Pour preuve, je me suis cherché un nouvel appartement, je suis parti en vacances à l'autre bout du monde et j'ai commencé à répondre aux oeillades des gazelles. Timidement, d'abord. A vingt ans, tu fonces et tu ne calcules rien. Si tu te plantes, tu ramasses tes gaules et tu vas pêcher plus loin. Mais à quarante, tu sais que ton matériel est fragile alors tu ne lances pas ta ligne à la légère... Il faut dire que sur le marché des « rechapés », le nombres de vieux lions sérieux est considérablement plus faible que celui des gazelles. Ça te laisse quand même l'opportunité de ne pas te précipiter sur la première gentille. Mais d'un coup, sans crier gare, ça fait flash et tu sais que celle qui est en face de toi vaut le coup alors tu abandonnes tes craintes et tu oses...


A ce moment là, tu n'as plus d'âge...




*****************


Le train arrive en sifflant dans la station. Quand elle sort du wagon, il lève les yeux vers elle.


- Tiens, chéri, tu es là ?

- Euh oui, je suis sorti un peu plus tôt alors j'ai juste pris l'escalier et je me suis assis pour t'attendre.

- C'est gentil ça. Comment s'est passé ta journée ? Qu'as-tu fait de spécial ?

- Rien, rien de spécial...


Ils se prennent par la main et se dirigent vers la sortie.

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Au fil des mots
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Vendredi 11 avril 2008

Comme promis pendant MES congés, je vous adresse des devoirs de vacances à faire pendant mon absence. Pour le mode d'emploi, reportez-vous à l'article paru vendredi 04/04.

 

Septième et dernier exercice : Friction historique

 

Vous vous souvenez peut-être de mes textes où Roland se frotte à des personnages ou événements historiques. Besoin d'un petit rappel ? Clic.

 

Pour finir cette semaine ou vous aurez davantage produit que moi, je vous propose de choisir une période, un événement de la petite ou la grande histoire que vous ré-écrirez à votre sauce. Tout est possible : un personnage oublié, une uchronie, un témoin privilégié, un détail qui tue...

 

Vous pouvez vous reposer après ça. Normalement, je rentre dimanche soir.

 

A bientôt.

 

Roland.

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 10 avril 2008
 

Comme promis pendant MES congés, je vous adresse des devoirs de vacances à faire pendant mon absence. Pour le mode d'emploi, reportez-vous à l'article paru vendredi 04/04.

 

Sixième exercice : La photo

 

Il s'agit d'écrire un texte, un poème, une nouvelle, une lettre, un billet, un télégramme, un article de journal... ce que vous voulez en partant de la photographie ci-dessous.

 

Bon courage, plus qu'un défi...

 

A demain

 

Roland.

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 9 avril 2008
 

Comme promis pendant MES congés, je vous adresse des devoirs de vacances à faire pendant mon absence. Pour le mode d'emploi, reportez-vous à l'article paru vendredi 04/04.

 

Cinquième exercice : Texte à thème

 

Il s'agit d'écrire un texte, un poème, une nouvelle, une lettre, un billet, un télégramme, un article de journal... ce que vous voulez avec pour thème général « la Rupture ».

 

Sinon, tout est fini entre nous...

 

A demain

 

Roland.

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : L'écriture dans tous ses états
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