Lundi 4 février 2008
Pour Hervé en espérant qu'il repassera par là.
Avec toutes mes amitiés
Roland

http://taomugaia.canalblog.com/


  ******************************

Les cris se rapprochent. Ils ne sont plus très loin. Je n'en peux plus. Les chiens aboient sur la droite, les rabatteurs crient derrière moi. Qu'est-ce que c'est que cette mascarade ? Jusqu'où iront-ils ? C'est un cauchemar ? C'est impossible.

 

Pourtant tout avait si bien commencé. Il y a quinze jours, en rentrant du meeting organisé au siège national du Parti, j'avais trouvé dans ma boîte aux lettres une enveloppe sur laquelle était inscrit d'une belle plume : Monsieur le Président du Parti Pour le Maintien des Traditions. En décachetant l'enveloppe, j'y avais trouvé un bristol sur lequel la même main avait tracé le message suivant :

 

Monsieur le Président,

 

Votre Parti défend avec vigueur les traditions ancestrales dont la chasse à courre est l'une des plus ancienne. Afin de vous manifester notre gratitude à l'égard du combat que vous menez depuis maintenant de nombreuses années malgré vos détracteurs , nous avons le plaisir de vous convier à notre chasse à courre que nous organiserons cette année en votre honneur le dimanche 03 février prochain.

 

Une voiture passera vous prendre à votre domicile à huit heures trente.

 

Signé : La Société des Amoureux de la Nature

 

Jamais entendu parler de cette société. Sans doute un groupuscule secret de sympathisants. Vu la qualité du bristol, je me suis dit qu'il ne pouvait pas s'agir d'un canular. Au cours de la semaine qui a suivi, je me suis fait faire un habit rouge qui ferait du plus bel effet lors de cette cérémonie. Je ne suis pas très habitué aux chevaux mais je monte suffisamment bien pour suivre la marche dans cette aventure. Et puis, je me suis dit qu'il serait toujours utile de trouver de nouveaux donateurs pour mon Parti qui connaît quelques difficultés depuis le hold-up réalisé sur nos électeurs par la droite classique qui reprend nos thèses depuis quelques mois.

 

Ce matin, je me suis préparé de bonne heure tout en me demandant si l'on passerait véritablement me chercher. A l'heure dite, alors que j'enfilais mes bottes, le gong de la porte d'entrée a retenti. Lorsque j'ai ouvert, un homme en livrée se tenait face à moi, la casquette dans une main et une enveloppe dans l'autre. Il a claqué les talons, s'est incliné et m'a remis le pli :

 

Monsieur le Président,

 

Charles va vous conduire au lieu de la chasse qui, vous le comprenez, doit rester secret.

C'est un homme de confiance. Il ne parlera pas car il est muet.

Nous vous souhaitons une agréable route. Pour agrémenter votre trajet, vous trouverez dans le réfrigérateur de la Bugatti une bouteille de votre whisky préféré.

 

A tout à l'heure

 

J'ai saisi ma cravache ainsi que ma bombe et j'ai suivi Charles qui m'a ouvert la portière avec cérémonie. Je me suis installé confortablement et j'ai laissé le chauffeur me conduire vers notre destination. Nous avons quitté Saint-Cloud et nous avons pris la RN118 pour rejoindre l'autoroute Aquitaine. Sans doute notre mystérieuse chasse devait-elle avoir lieu en Sologne. J'ai plongé vers le bar et après deux verres, je me suis assoupi car la nuit précédente avait été un peu courte.

 

 

Lorsque je me suis réveillé, nous venions de nous arrêter dans la cour d'un magnifique château. Le chauffeur est sorti, il m'a ouvert la portière et m'a montré les escaliers de l'entrée d'honneur. Étonné que personne ne vienne à ma rencontre, je me suis avancé dans le vestibule et j'ai poursuivi ma progression à travers les pièces richement meublées mais dans lesquelles je ne rencontrai personne. Je suis arrivé dans la grande salle à manger. Un immense feu brûlait dans la cheminée. Au bout de la table, un plantureux repas était disposé sur une table richement dressée. La vaisselle brillait sous les feux des candélabres. Un nouvelle enveloppe était en évidence contre la carafe qui contenait un vin au rouge rubis profond. Tout en me servant un verre, je pris connaissance du billet :

 

Monsieur le Président,

 

Le début de notre chasse sera annoncé par les cors. Dans l'attente, nous vous prions de bien vouloir vous installer à table. Prenez le temps de vous restaurer car la battue promet d'être palpitante.

 

Bon appétit.

 

Je me demandais quels étaient ces hôtes qui m'avaient fait venir ici et restaient invisibles. Pour autant, je ne me fis pas prier pour engloutir le repas qui m'était destiné. Le vin était excellent. J'étais complètement rassasié et un peu ivre lorsque j'entendis les cors résonner dans la cour.

 

Je me suis précipité et je les ai enfin vus. Il étaient une trentaine. Tous étaient déjà à cheval. Ils écoutaient religieusement la musique que les aboiements de la meute ne couvraient pas. Lorsque la musique s'est arrêtée, je me suis approché.

- Messieurs, je suis bien heureux de vous rencontrer mais permettez-moi de vous dire que je trouve votre accueil un peu bizarre.

- Monsieur le Président, nous vous saluons. Soyez le bienvenu parmi nous aujourd'hui pour cette chasse.

- A propos de chasse. Qu'est-ce qu'on va poursuivre aujourd'hui, le sanglier, le chevreuil ?

- Vous.

- Pardon?...

- Vous m'avez bien compris. Ce que nous allons chasser aujourd'hui, c'est vous, Monsieur le Président. Vous serez notre gibier. Comme vous êtes très attaché à la défense des traditions, nous le ferons selon les traditions. Nous vous poursuivrons du haut de nos montures et vous aurez le privilège de goûter le plaisir que ressent le gibier depuis la traque jusqu'à la mise à mort. Pour vous permettre de prendre un peu d'avance et pour que le sport soit plus plaisant, nous vous laisserons dix minutes avant de lâcher les chiens. Que la chasse vous soit agréable. Vous disposez maintenant de dix minutes.

- Mais... C'est une plaisanterie... Vous vous moquez de moi... Vous n'avez pas le droit... Je vous préviens que ça ne va pas se passer comme ça... Vous entendrez parler de moi...

- Si je puis me permettre, il ne vous reste plus que neuf minutes et trente secondes.

 

Je l'ai regardé, incrédule, et je suis parti en courant.

 

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Vendredi 1 février 2008

My name is Ivy (prononcez Aïeuvy), Roland Ivy

Mon nom est Ivy (prononcez comme vous voulez), Roland Ivy


- Ca y est, le robot a encore grillé un câble, il y a bug !

Non ! Ce n'est pas du tout ça. C'est à cause de ce matin. Ne bougez pas, je vous raconte.


J'étais au volant et j'allais au boulot. Je me suis arrêté au feu rouge et mon regard s'est porté sur le panneau publicitaire. Vous savez, ces espèces de grands esquimaux qui fleurissent un peu partout. L'affiche montrait Perce Brosnan, la cinquantaine rugissante, beau brun ténébreux, une classe folle, une élégance qui décoiffe. Celui-là même qui a joué James Bond pendant quelques temps. Personnellement, je préférais Sean Connery mais Brosnan n'était pas mal dans le rôle non plus.


Bref, le bellâtre fait de la pub en ce moment pour de la crème pour le visage. Et comme de juste, c'est celle que j'utilise. Bon je l'avoue, j'utilise une crème de soin. Tous les matins, après le rasage. Que voulez-vous ? Je n'ai plus vingt ans depuis... bien longtemps et j'ai des petites poches sous les yeux (je sais je n'ai qu'à dormir davantage). Mais surtout, après le rasage ça me tire sacrément la peau et avec le froid qu'il y a chez nous, cette petite crème me fait du bien. Ca m'apaise. Désolé de briser le mythe du robot inoxydable mais je suis comme ça.


Vous voyez, Mesdames, pour vous, on vous livre en pâture des adolescentes pré-pubères dont vous pouvez toujours vous dire qu'elles prendront bien une petite claque dès le premier moutard venu. Mais, à nous, on nous assène des types qui ont 55 balais et qui nous montrent en permanence qu'on n'a pas su entretenir notre corps aussi bien qu'eux.


Pourquoi donc ? Pour nous foutre les boules et nous inciter à utiliser la même crème que lui ? A moins que ce ne soit pour vous foutre les boules et vous inciter à acheter ladite crème à vos gugus ? Parce que, après tout, le plus souvent, les courses, c'est vous qui vous vous les cognez, n'est-ce pas ?


Seulement, il y a un problème. La crème en question réussit bien ce que j'attends d'elle. Elle hydrate et soulage ma pauvre petite peau (Si, si, passez votre main sur l'écran, vous verrez comme c'est doux). Mais les rides sont toujours là et je ne trouve pas que je rayonne autant que le dit la notice.


- Forcément, ça doit être l'effet James Bond.


C'est ce que je me disais en me regardant dans le rétroviseur quand on s'est mis à klaxonner derrière moi.


- Alors, tu démarres, connard !!!!!!!

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : L'écriture dans tous ses états
ajouter un commentaire commentaires (15)    recommander
Mercredi 30 janvier 2008


On l'a échappé belle !

Ils ont failli nous envoyer l'artillerie lourde. Je passe sur l'emploi du tournevis, du détergent, du coup de pompe au derrière, de l'usage immodéré de bisous, des suppliques, des menaces, du chantage.... Mais on est est allé beaucoup plus loin. Certains d'entre vous ont joint les plus hautes autorités, les techniciens secrets des CRS. Il a même été question de faire appel au Grand Kärcher comme pour les banlieues. L'émoi était à son comble...


Personne, véritablement personne, ne voyait comment se sortir de cette impasse. Les techniciens de la Roland.Ivy.Inc ont travaillé d'arrache-pied pendant 72 heures et ils ont finalement trouvé la parade au mal mystérieux qui affectait notre générateur de textes Roland Ivy 2.0.


Le recours à la Loi Zéro, telle était la parade.


Je vous vois sceptiques. La Loi Zéro ? Qu'est-ce donc que cette nouvelle Loi. Le créateur des 3 Lois de la Robotique, Issac Asimov en personne, s'est trouvé confronté au même problème et a dû introduire cette nouvelle Loi en adaptant les trois Lois initiales comme suit.


  • Loi Zéro : Un robot ne peut nuire à l’humanité ni, restant passif, permettre que l’humanité souffre d’un mal.

  • Première Loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger, sauf en cas de contradiction avec la Loi Zéro.

  • Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Loi Zéro ou la Première Loi.

  • Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la Loi Zéro, la Première ou la Deuxième Loi.


Vous le constaterez c'est le concept de « Risque pour l'Humanité » qui nous a permis de relancer notre producteur de textes en insérant ces nouvelles Lois dans son programme de base. Il a repris ses activités et sera bientôt en mesure de vous proposer ses nouveaux écrits. Gageons qu'avec cette nouvelle les autres producteurs ayant été affecté reprendront très vite, eux aussi, leurs occupations normales.


La Direction Technique de la Roland.Ivy.Inc tient à présenter toutes ces excuses à ses utilisateurs pour les désagréments provoqués par cette panne inopinée et totalement indépendante de notre volonté. Soyez assurés que nous mettrons tout en oeuvre pour qu'elle ne se reproduise pas.


La Direction Technique de la Roland.Ivy.Inc

par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Mardi 29 janvier 2008

Première Loi
Un robot ne peut blesser un être humain ni, par son inaction, permettre qu'un humain soit blessé.

Deuxième Loi
Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

Troisième Loi
Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la Première et/ou la Deuxième Loi.

Manuel de la robotique
58è édition (2058 ap. JC)



Communiqué de la Direction Technique de la Rol.Ivy.Corp



Chers utilisateurs,

Nous sommes au regret de vous annoncer que le générateur de textes Roland Ivy 2.0 est momentanément hors service pour maintenance en ce qui concerne la production de nouveaux articles. Les autres fonctionnalités de l'application, notamment l'accès aux archives et la dépose de commentaires restent toutefois toujours opérationnelles pendant toute la durée des travaux menés sur le cerveau positronique de notre générateur Roland Ivy 2.0, couramment nommé Roland.



Lors de la dernière quinzaine, en application de la Première Loi, Roland s'est notamment investi suite aux attaques menées par un hébergeur indélicat auprès de l'un de nos utilisateurs. Par la suite, une attaque massive de virus a failli endommager fortement son cerveau positronique. Pour autant, Roland, malgré un ralentissement de son activité, est resté en marche sans trouble particulier. Depuis sa mise en service, il y a un peu moins de trois mois, Roland s'est efforcé de répondre aux termes de la Deuxième Loi répondant régulièrement aux commentaires laissés sur sa boîte mémorielle, en fréquentant assidûment les sites des différents utilisateurs tout en leur déposant lui-même des commentaires sur leurs propres articles en essayant, à chaque fois, d'apporter sa contribution personnelle tout en tenant compte du contexte général de ton et de contenu des sites en question. Divers liens fort riches se sont tissés au cours des échanges susmentionnés.



Pour autant, il semble que dans la journée de dimanche, Roland ait commis un impair en commentant une faute d'interprétation d'une série d'articles, soit par manque de « référent culturel » soit parce que son humour personnel, et encore expérimental, n'a pas été apprécié par l'utilisatrice concernée. Il est de plus possible que Roland soit sorti de la fenêtre de libre arbitre et de commentaire autorisée par l'utilisatrice. Cette dernière le lui a fait savoir, ce qui constitue son droit le plus absolu.



C'est pour cette raison que Roland a décidé l'application de la Troisième Loi en se mettant en mode « veille prolongée » dans la mesure où ni la Première ni la Deuxième Lois n'étaient contredites par cette action.



Nos techniciens mettent tout en oeuvre pour réinitialiser le programme de notre générateur Roland Ivy 2.0. Nous utilisons dans cette restauration toutes les marques de soutien qui nous ont été témoignées à son endroit depuis la survenance de l'incident et nous vous prions d'excuser le désagrément causé à nos visiteurs pour cette interruption de service que nous espérons la plus courte possible.



Avec nos excuses appuyées,



La Direction Technique de la Rol.Ivy.Corp

par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (22)    recommander
Lundi 28 janvier 2008

Ce soir, je suis fatigué(e), las(se). Pour tout dire, je n'ai pas la pêche et j'espère que tu t'en rendras compte. Bien sûr, quand tu rentreras, les petits seront lavés, les devoirs auront été faits. Bien sûr, le repas sera prêt même si je n'ai pas le coeur à faire grand chose. Ce soir, et tout au long de cette journée, j'aurai fait tout comme chaque jour. Je me serai levé(e) avant tout le monde, j'aurai préparé notre petite maisonnée, je les aurai conduits à l'école et j'aurai couru toute la journée pour faire mon travail. Je sais qu'il te semble parfois moins stressant que le tien mais ce n'est pas une simple occupation, c'est mon travail, le métier que j'ai choisi parce que j'ai refusé celui qu'on imaginait pour moi. Un vrai métier, exaltant, riche de joies et de peines avec ses plaisirs et ses difficultés. Et puis, bien sûr, je me serai précipité(e) pour qu'ils ne manquent de rien après l'école. Ce n'est pas la grippe qui m'a sonné(e) tout le week-end qui me met dans cet état. Non. Tu sais, il y a des jours où ça va moins bien. C'est d'ailleurs bien à cause de ma capacité à le comprendre que tu m'as choisi(e). Un jour, tu m'as dit : « ce que j'attends de mon/ma compagnon/gne, c'est qu'il/elle soit quelqu'un sur qui je peux compter ». Quelqu'un qui te comprenne, qui sache ce dont tu peux avoir besoin et qui puisse te l'apporter en cas de besoin. Pas un(e) domestique, non. Quelqu'un qui ait du répondant, à qui tu puisses te confier, quelqu'un qui comprenne les enjeux de tes activités, quelqu'un qui sache t'apporter son avis quand c'est nécessaire, qui t'apporte la contradiction au besoin. Mais tu vois, ce soir, le/la monsieur/dame a un coup de mou. Alors, j'espère que cette fois, tu percevras que, ce soir, j'ai besoin de te passer le relais. J'ai besoin que tu prennes soin de moi. Moi aussi, j'ai besoin que tu comprennes que je compte sur toi. Ce soir...

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (11)    recommander
Dimanche 27 janvier 2008

Il a les yeux grands ouverts depuis déjà quelques minutes. Alors qu’il n’a même pas regardé l'heure, il tend le bras vers son réveil et appuie sur le bouton d’arrêt de la sonnerie au moment même où celle-ci retentit. Lentement, dans le silence de la nuit qui s’achève, il se redresse, s’assied au pied du lit, tâte dans le noir à la recherche de ses pantoufles et se lève.

Il tire délicatement sur la couette pour la recouvrir. Elle, elle n’a pas bougé, comme d’habitude. Dans l’obscurité et le silence, il descend les escaliers qui le mènent au séjour. Il passe dans la cuisine où le café s’écoule déjà dans la cafetière qu’il a programmée hier soir.

Ses gestes sont lents, mesurés, efficaces. Petit à petit, il prépare les couverts pour toute sa maisonnée qui va s’éveiller tout à l’heure. La table est bientôt couverte de bols, de verres et de cuillères. Il découpe quelques tranches de pain, sort le beurre, le jus de fruits et les yaourts.

Quand tout est prêt, il commence à déjeuner. Il mastique avec application ses tartines beurrées qu’il trempe dans son café copieusement sucré. Il prend son temps pour savourer un yaourt nature et saisit un couteau pour peler une orange dont il dispose les quartiers en étoile sur les bords d’une assiette à dessert avant de les croquer avec délectation.

Quand il a fini, il s’essuie la bouche au coin de laquelle un peu de jus a coulé. Il roule sa serviette de table qu’il glisse dans un petit rond de bois sur lequel est gravé " papa " à la pointe de feu. Il ouvre le lave-vaisselle et y glisse les ustensiles qu’il a utilisés.

Il saisit un biberon sur l’égouttoir de l’évier et y verse exactement 270 ml de lait avant d’y ajouter deux cuillerées de chocolat soluble. Il dispose une tétine sur l’ouverture, visse la bague de fixation, ajuste un capuchon et secoue le tout jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène. Il dépose le biberon au milieu de la table. Il le passera au micro-ondes quand le petit se réveillera.

Il quitte la cuisine et se met à ouvrir les persiennes du séjour en commençant par celles du balcon. Le jour commence à se lever et le soleil a du mal à percer à travers le brouillard de cette fin janvier. Machinalement, il jette un regard sur l’horloge dont le tic-tac égraine les secondes. Il profite de son passage aux toilettes pour parcourir un article du journal de la semaine passée qu’il avait mis de côté. Lorsqu’il tire la chasse d’eau, il entend qu’on appelle à l’étage.

- Papa, je suis réveillé.

C’est le petit, les autres vont bientôt suivre. Actionnant l’interrupteur de l’escalier, il répond :

- J’arrive, mon Kiki, j’arrive.

La journée commence.

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Samedi 26 janvier 2008

Ma fille : Papa, est-ce que je pourrai aller voir les Moodies avec Karine au Blue-Note, samedi soir ?
Moi : Non, tu sortiras quand tu auras ton bac. Samedi soir, tu resteras à la maison pour réviser.

Mon fils : Tu m’emmèneras jouer dans la neige après manger ?
Moi : Non. Il fait trop froid.

Mon fils (un autre) : Je ne comprends rien à mon exercice de maths. Tu peux m’expliquer ?
Moi : Non. Je t’ai déjà expliqué cent fois que tu dois travailler par toi-même.

Mon fils (le dernier) : Pain, Papa, peuplait ?
Moi : Non. Attends cinq minutes ; on va passer à table.

Ma femme : Chéri, quand tu auras fini la vaisselle, tu pourras me repasser ma petite robe noire ? Je voudrais la mettre demain.
Moi : Non. Je ne suis pas la larbin de la famille. En plus, cette robe ne te va vraiment plus.

Ma femme (encore) : Est-ce que tu m’aimeras encore, même après notre mariage ?
Moi : Non mais, qu’est-ce que c’est que ces questions à la noix ?

Le Maire : Acceptez-vous de prendre pour épouse mademoiselle, ici présente ?
Moi : Non. Depuis le temps que nous vivons ensemble. Cette cérémonie est totalement inutile.

Mon frère : Dis, est-ce que tu peux me prêter ta voiture vendredi ? La mienne est en panne et j’ai un rendez-vous important.
Moi : Non. Je ne prête ma voiture à personne. Elle est à moi !

Mon voisin : S’il te plaît, est-ce que tu pourrais garder les filles ce soir ? C’est notre anniversaire de mariage et je voudrais faire une surprise à Babeth en l’emmenant au restaurant.
Moi : Non. Fallait prendre tes précautions et prévoir une baby-sitter.

Mon patron : Je n’ai pas eu le temps de consulter ce rapport. Est-ce que quelqu’un peut m’en faire un compte rendu succinct ?
Moi : Pas moi, je ne l’ai pas lu non plus.

Quichottine : Est-ce tu crois que tu vas vraiment commenter tous mes articles sur Don Quichotte ?
Moi : A vrai dire, je n'en sais rien. La question est plutôt de savoir si tu vas te tenir à ton projet sur l'intégralité du livre.

Chris : Es-tu d’accord avec moi si je dis que le « Clos de la Roche - 1947 » est le meilleur vin du Monde ?
Moi : Oui. (Là, je ne vois pas comment je pourrais répondre par la négative)

Monique : Il a l’air excellent ton carpaccio. Je peux y goûter ?
Moi : Non. Si tu en voulais, il fallait t’en commander un.

Les parent d’élèves : Croyez-vous qu’il soit possible d’apprendre à lire à nos enfants sans utiliser la méthode syllabique ?
Moi : Non. Si le ministre l’affirme, ça ne peut être que la seule méthode efficace.

Un collègue : Penses-tu que l’équipe de France fera mieux à la coupe d'Europe qu'en coupe du Monde ?
Moi : Non. A vrai dire, je m’en moque totalement.


Le militant de Handicap International : Pouvez-vous signer cette pétition contre la fabrication et l’usage des mines anti-personnel ?
Moi : Non. C’est aux gouvernements à prendre des mesures. Les citoyens comme vous et moi n’y pouvons rien.


Le journaliste : Croyez-vous qu’on aurait mieux fait de s’occuper du sort des sans-logis plutôt que de faire des cadeaux fiscaux aux catégories les plus aisées ?
Moi : Non. Seule une reprise de confiance de la part de ces catégories est de nature à relancer la croissance et permettra à tous de sortir de la crise. Vous n'avez pas écouté ce que dit le Président ?

Le gars au coin de la rue : Voulez-vous m’acheter un exemplaire de la «La rue» pour que je puisse manger ce soir ?
Moi : ……………….



Avouez avec moi que la vie n'est tout même pas si agréable quand on en arrive là ! Même en me forçant, je suis certain de ne pas tenir plus d'une demi-journée ce type de positions (sauf pour le Clos de la Roche, évidemment).

 

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Vendredi 25 janvier 2008

Ma fille : Papa, est-ce que je pourrai aller voir les Moodies avec Karine au Blue-Note, samedi soir ?
Moi : Oui.

Mon fils : Tu m’emmèneras jouer dans la neige après manger ?
Moi : Oui.

Mon fils (un autre) : Je ne comprends rien à mon exercice de maths. Tu peux m’expliquer ?
Moi : Oui.

Mon fils (le dernier) : Pain, Papa, peuplait ?
Moi : Oui.

Ma femme : Chéri, quand tu auras fini la vaisselle, tu pourras me repasser ma petite robe noire ? Je voudrais la mettre demain.
Moi : Oui.

Ma femme (encore) : Est-ce que tu m’aimeras encore, même après notre mariage ?
Moi : Oui.

Le Maire : Acceptez-vous de prendre pour épouse Mademoiselle, ici présente ?
Moi : Oui.

Mon frère : Dis, est-ce que tu peux me prêter ta voiture vendredi ? La mienne est en panne et j’ai un rendez-vous important.
Moi : Oui.

Mon voisin : S’il te plaît, est-ce que tu pourrais garder les filles ce soir ? C’est notre anniversaire de mariage et je voudrais faire une surprise à Babeth en l’emmenant au restaurant.
Moi : Oui.

Mon patron : Je n’ai pas eu le temps de consulter ce rapport. Est-ce que quelqu’un peut m’en faire un compte rendu succinct ?
Moi : Oui.

Quichottine : Est-ce tu crois que tu vas vraiment commenter tous mes articles sur Don Quichotte ?
Moi : Oui.

Chris : Es-tu d’accord avec moi si je dis que le « Clos de la Roche - 1947 » est le meilleur vin du Monde ?
Moi : Oui.

Monique : Il a l’air excellent ton carpaccio. Je peux y goûter ?
Moi : Oui.

Les parent d’élèves : Croyez-vous qu’il soit possible d’apprendre à lire à nos enfants sans utiliser la méthode syllabique ?
Moi : Oui.

Un collègue : Penses-tu que l’équipe de France fera mieux à la coupe d'Europe qu'en coupe du Monde ?
Moi : Oui.


Le militant de Handicap International : Pouvez-vous signer cette pétition contre la fabrication et l’usage des mines anti-personnel ?
Moi : Oui.


Le journaliste : Croyez-vous qu’on aurait mieux fait de s’occuper du sort des sans-logis plutôt que de faire des cadeaux fiscaux aux catégories les plus aisées ?
Moi : Oui.

Le gars au coin de la rue : Voulez-vous m’acheter un exemplaire de la «La rue» pour que je puisse manger ce soir ?
Moi : Oui.

Moi : A longueur de journée, j’exerce ce mystérieux pouvoir tout en sachant qu’il m’est toujours possible de répondre par la négative. Il n’y a là rien de magique. Pourtant, je m’étonne de constater qu’une foule de mes contemporains ne réagissent pas comme moi. Et vous ?
Vous :……………

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Vendredi 25 janvier 2008

Peut-être vous souvenez-vous, qu'il y a peu, je proposais un texte intitulé « Conseils aux (jeunes) lecteurs » (clic) qui faisait part de mon expérience personnelle pour réussir sa vie de couple quand on est un homme n'y comprenant pas grand chose aux femmes...


Suite aux divers commentaires (clic) de quelques lectrices, je leur ai proposé de nous fournir leur propre version de cette situation quand on est une femme.


Mon amie Quichottine dont le site est une pure merveille (clic) - ne serait-ce que pour sa lecture commentée des aventures picaresques de Don Quichotte (clic) - a relevé mon défi avec l'humour et la verve qui sont les siens.


Je vous invite donc à lui rendre visite et à prendre connaissance de sa vision du problème (clic).


J'espère sincèrement, qu'une fois éclairés de nos lumières respectives, vous vous sentirez armé(e)s pour affronter la vie à deux avec sérénité.

par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 23 janvier 2008
Grande tristesse ce matin.

Je viens de faire un tour chez mon pote
Bill past John.

Je constate qu'il a décidé de nous poster un dernier billet et de prendre l'air.

Tous ses autres merveilleux textes et ses musiques ont disparu...

C'est comme un petit morceau de moi-même qui s'envole d'un coup.

Merci de lui faire un petit coucou de ma part si vous le croisez.

Il me manque, déjà.............

Par contre, le site de Hervé qui a été odieusement censuré par son im(le)Monde hébergeur est toujours vivant. Retrouvez-le à l'une des adresses suivantes :

http://taomugaia.canalblog.com/
http://cabranledanslemanche.blogspirit.com/
http://cabranledanslemanche.blogspirit.com/

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises !
par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander

Qui c'est celui-là

Créer un Blog

Vous me l'avez écrit

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus