Il y a peu, je vous ai parlé des collections qui se sont imposées à moi au cours de ma vie. Vous ne vous en souvenez pas ? D'accord, c'était l'an dernier et le
réveillon est passé par-dessus mais tout de même ! Bon pour ceux qui ont des problèmes de mémoire, cliquez
ici...
Ca y est ? Vous avez recollé les morceaux ? Dans ce texte, je disais que je reviendrais sur le sujet de mon rapport aux livres. C'est maintenant que ça se passe.
Ah les livres !
Quand j'étais petit, il n'y en avait pas à la maison. Pour être plus précis, il y en avait bien mais dans une vitrine. Toute la collection des Alexandre Dumas, reliés cuir, dorés à
l'or fin et tout le toutim. Et, surtout, on n'avait pas le droit d'y toucher. Je l'ai appris, douloureusement, lorsque je me suis mis en tête de commencer la lecture du Comte de Monte Cristo. Le
fier Emond Dantès, à qui l'on promettait pourtant un avenir radieux, avait déjà commencé à se morfondre dans son cachot du Château d'If, lorsque mon père s'est inquiété de la disparition sur
l'étagère du tome I que j'avais laissé dans ma chambre. Je vous passe les détails sur la colère énorme, sur la torgnole et le désarroi qui ont suivi.
Heureusement, il y avait la bibliothèque municipale. Certains vont jouer au foot, d'autres préfèrent courir les filles, moi, je profitais de mes instants libres pour aller me
vautrer dans les coussins moelleux de la bibliothèque. C'est là que j'ai pu suivre la vengeance terrible du pauvre Edmond, devenu Comte de Monte Cristo et les aventures de tant d'autres héros qui
ont bercé mon enfance. A la bibliothèque, les livres, on peut les emprunter, et je ne m'en suis pas privé. J'en ai rapporté des tonnes dans ma chambre, il y en avait partout, surtout dans mon
lit. Mais mon grand désespoir était de devoir les rendre. Ca me fendait le cœur de me séparer de ceux que j'avais pourtant finis depuis longtemps mais c'était à ce prix que je pouvais en prendre
de nouveaux.
C'est pourquoi, dès que j'ai pu gagner quelques sous (c'est une expression, à l'époque on payait en francs – les nouveaux pas les anciens ! - ne me prenez pas pour un
dinosaure...), les livres je me les suis payés. Parce que, c'est là mon problème, les livres, j'ai besoin de les avoir, à moi, avec moi. J'en achète toujours énormément. C'est sans aucun doute ma
plus grande collection. Vous voyez que je ne perds par le fil. Plusieurs milliers d'ouvrages me suivent depuis que je vole de mes propres ailes (Là aussi, c'est une façon de parler !). Il y en a
dans toute la maison, de la cave au grenier. C'est presque devenu un problème (pas pour moi, mais pour mes proches). Le pire, c'est lorsque nous devons déménager. Il faut un temps fou pour les
emballer et marquer les cartons que je dois réunir en quantité industrielle. A ce propos, le format idéal pour les cartons de livres, je l'ai enfin trouvé : les boîtes dans lesquelles sont
livrées les ramettes de papier à photocopieur. Ni trop grand, ni trop petit. Le poids est alors idéal.
Donc, des livres, j'en accumule depuis des années et j'ai bien l'intention de continuer. Il y en a des petits, des gros, des bons, des mauvais, des chers, des bon marché. A vrai
dire peu m'importe l'édition. Le format de poche me convient tout à fait, ce qui compte pour moi, c'est le texte, pas l'enrobage même si, de temps à autre, j'aime bien les belles couvertures. Et
ce que j'aime par-dessus tout, c'est lorsqu'ils sont neufs. J'aime que le livre dans lequel je plonge se souvienne de moi. J'y laisse des marques, des objets, j’en casse le dos (pas la tranche,
c'est déjà fait – révisez donc le vocabulaire du livre en cliquant ici...) pour qu'il s'ouvre sur des passages qui me sont
chers. C'est un plaisir solitaire que j'aime cependant bien partager en parlant de mes lectures à mes amis. Mais, car il a un mais... Il m'est très douloureux de prêter un des mes bouquins. Rares
sont ceux à qui j'accorde ce privilège. Je préfère leur offrir un autre exemplaire plutôt que de me séparer du mien. Par exemple, à la maison, il y a plusieurs Bilbo le Hobbit que j'ai achetés
pour mes enfants.
Je disais que j'ai un besoin fort vis à vis de mes livres, c'est tactile, c'est physique, c'est personnel. Rassurez-vous, j'ai une vie sociale, affective et familiale tout à fait
normale et je ne talocherais jamais un de mes gamins qui se plongerait dans un livre, même en édition de luxe. Non, quand ça arrive, j'ai un pincement au cœur mais je me précipite chez mon
libraire pour attribuer au dangereux détourneur d'objet personnel un exemplaire personnel qui me permet de récupérer mon bien...
Au début, quand on voulait me faire un cadeau, on m'achetait un livre. C'était un vrai délice. Mais peu à peu, les gens se sont détournés de cette magnifique initiative quand ils
se sont aperçus que je possédais déjà le plus souvent ceux qu'ils m'offraient. Pourquoi diable ont-ils renoncé ? Mes moyens ne me permettent pas d'acquérir tout ce que je voudrais et je suis
parfois obligé de me refreiner quand je suis dans une boutique. Je crois que ce qui déroute mes proches, c'est que je ne lis pas immédiatement tous les livres que j'achète. Certains sont dévorés
dans la foulée, mais d'autres stagnent sur une étagère en attente du moment propice où je me livrerai à eux. Car je ne choisis pas mais livres. Ce sont eux qui me choisissent. Tantôt, une
référence piochée dans une émission de télé, de radio ou dans un magazine, tantôt, un ouvrage suggéré dans un livre que je lis, tantôt un livre d'un auteur qui me plaît. Il n'y a pas de règle.
Une seule, ne jamais rester en panne. C'est pourquoi, j'ai toujours au moins un livre dans mon sac ou dans mes poches. Je commence plusieurs livres simultanément. Je passe de l'un à l'autre sans
le moindre problème.
Un autre de mes travers : quand je termine un livre, j'en commence immédiatement un autre. Même quelques pages, et ce, quelle que soit l'heure. C'est pourquoi, au pied de mon lit,
m'attendent deux ou trois livres pour le cas où.
J'ai bien conscience que ma passion dévorante n'est pas très bonne pour la planète et j'ai bien essayé de télécharger quelques e-books pour éviter un tirage papier. Par ailleurs,
les textes sur les blogs sont souvent très agréables. D'accord, c’est efficace mais il me manque quelque chose.
C'est grave, Docteur ?
Vous me l'avez écrit