Définitivement, une seule vie, ça n’est pas assez. Alors, j’ai décidé que j’en aurai davantage, beaucoup, au moins mille. Ce sont ces vies rêvées, imaginées, fantasmées que je vous présente dans ces pages.

Certaines sont plus longues que d’autres ; je les ai rangées dans des tiroirs spéciaux. C’est le cas pour " Volutes " et pour " Modèle vivant ".

Quand on a mille vies, il est normal qu’on en profite pour revisiter l’histoire. C’est ce que je fais dans " Fri(c)tions historiques ".

Tout le reste est rangé dans " Humeurs " ou "Histoires comme ça", tout simplement parce que je n’ai pas trouvé mieux que ces titres.

Bonnes Lectures

Roland 

*******************************************************************************************************************************

Merci aux 3718 visiteurs qui ont consulté 12401 pages sur ce site entre le 07/11/2007 et le 29/02/2008 

 

Vendredi 29 février 2008

ATTENTION ! ATTENTION ! CE TEXTE EST UNE PURE FICTION. PEUT-ETRE DE MAUVAIS GOUT, JE VOUS L ACCORDE. TOUTES MES EXCUSES A CEUX QUI SE SONT INQUIETES. DES EXPLICATIONS ET DES EXCUSES PLUS CIRCONSTANCIEES SUIVENT BIENTOT.

 

 

Monsieur Ivy m'a demandé de mettre en ligne les textes suivants. Je les ai saisis sur mon propre ordinateur en respectant les différents feuillets qu'ils m'a confiés ce matin à la fin de ma garde. J'ai passé l'après-midi à transcrire ses textes et j'espère avoir bien compris les indications qu'il m'a données.


Cordialement,


Sacha

 

 

 

Feuillet 1


Salut à tous,

Si vous lisez ces lignes, c'est que Sacha, le jeune interne qui s'occupe de moi, les a publiés pour moi ; je lui ai indiqué mes identifiants pour qu'il le fasse.


Je voudrais sincèrement le remercier d'avoir accepté et je lui adresse toute ma gratitude.


Je lui ai confié mes notes ce vendredi 29 février et je ne sais pas quand il aura pu le mettre en ligne. Je ne peux pas le faire moi-même car je suis hospitalisé et je ne dispose pas de mon ordinateur. De toute façon, je n'ai pas de connexion internet.

 

Je me doute que vous vous demandez où je suis passé depuis mon dernier article dans lequel je vous invitais à vous inscrire à ma newsletter. J'ignore si vous y avez répondu mais je dois avouer que je ne suis pas très préoccupé par cet aspect. Pourtant, parce que depuis que je suis ici, je pense pas mal à vous, je me dis que je vous dois quelques éclaircissements sur ma disparition.


Aussi, parce que je n'ai pas grand chose à faire et que je commence à reprendre un peu mes esprits, je vais essayer de vous raconter ce qui m'est arrivé. Ca fera peut-être une bonne histoire dans les aventures de Roland...


A bientôt, j'espère

Roland





Feuillet 2


Tout commence mardi matin. Je suis obligé de me rendre dans la campagne profonde pour une visite professionnelle. Alors, de bonne heure, je quitte la Rolanderie et ses autres occupants encore endormis après leur avoir préparé le petit déjeuner qu'il trouveront à leur réveil. Il fait encore nuit, il ne fait pas vraiment froid mais il y a un peu de brouillard.


Je n'ai pas vraiment la pêche ce matin. La nuit n'a pas été bonne et j'avoue que la perspective des quelques 120 km de petites routes qui m'attendent ne me mettent pas d'humeur joyeuse. Histoire de passer le temps, je mets le poste en route mais les infos du jour ne m'intéressent pas plus que ça alors, je pousse un CD dans le lecteur. Simon and Garfunkel me chantent leurs douces mélodies tandis que je plonge dans les méandres tortueux de la route qui enfile les combes les unes après les autres.


Avec le brouillard et les sinuosités de la route, j'ai l'impression que les kilomètres n'avancent pas sur le compteur. Ca promet d'être long...





Feuillet 3


J'ai à peine fait 40 km et j'en ai déjà assez. Je décide de faire une petite pause car les trois cafés et le jus d'orange que j'ai pris au réveil ont déjà terminé leur petit voyage dans mon tube digestif.


Peu à peu, le jour a commencé à se lever. Le brouillard se fait moins dense. La nature s'éveille. Il y a un petit ruisseau qui coule dans le fossé. Le plus dur de l'hiver est passé. Tant mieux, je ne goûte pas particulièrement cette période de l'année.


Je me sens très las ce matin. Non vraiment, je ne tiens pas la forme. Mes épaules sont lourdes, j'ai des raideurs dans la nuque. Et puis, le brouillard m'oppresse un peu. J'ai beau essayer de me secouer, ça ne passe pas.


Un camion qui circule ne sens inverse me sort un peu de ma rêverie et je me dis qu'il faut reprendre la route si je veux arriver à l'heure à mon rendez-vous. Je fouille dans les coffres qui sont sous les sièges à la recherche d'un autre CD, quelque chose d'un peu plus punchy. Je passe en revue Les Stones, Joe Cocker, Zazie, Bénébar, Julien Doré (défense de rire). Finalement, je choisis Genesis en concert. En mettant le contact, je monte le volume et je repars.





Feuillet 4


Tout le long du disque, j'ai fait 50 km. Les virages ont succédé aux virages, les montées aux descentes. J'ai traversé quelques villages où je n'ai croisé personne. Je n'ai pas vu une voiture en marche. Si, je suis resté coincé derrière un tracteur pendant 3 km. Cette route n'en finit décidément pas. J'ai eu beau essayer de me réveiller en gueulant avec Phil Collins. « I knoooow what I liiiiike and I liiiiike what I Knooooow... » Rien n'y a fait.


Tout en roulant, je tire les Clash du tiroir sous mon siège. Ils vont me filer un coup de fouet. Je l'espère, sinon je n'ai pas de solution de rechange. Les riffs sauvages attaquent fort, les guitares saturées sont fidèles au rendez-vous et la batterie cogne comme jamais. La voix de Joe Strummer monte dans l'habitacle en crachant toute sa haine des années Tatcher.


C'est quand ils ont attaqué London Calling que c'est arrivé. J'ai senti une violente douleur dans le bras gauche et immédiatement dans la poitrine. Fort heureusement, j'ai pu garer la voiture sur le bas côté tout en encaissant le choc. J'ai coupé le contact en essayant de reprendre ma respiration. J'ai attrapé mon portable que j'avais posé sur le tableau de bord.


- Merde. Pas de réseau...

 

J'ai ouvert la portière et j'ai mis longtemps à sortir de la voiture. Toujours personne en vue. Là-bas, à une centaine de mètres en remontant sur la droite, il y a une maison nichée dans les sapins.


A plusieurs reprises au cours de ces quelques pas vers cette petite maison rouge avec des rideaux blancs aux fenêtres, la douleur m'a donné des coups de poignard. Je suis tombé deux fois. J'ai repensé à mes grands qui vivent à Paris et que je n'ai revus depuis Noël. J'ai repensé aux petits et à leur mère que je n'ai pas embrassés ce matin en partant. Je n'ai pas eu envie de crever. Alors, j'ai réussi à me relever.


Quand je suis arrivé à la maison, j'ai donné une claque sur la cloche qui était suspendue à côté de la porte. Une petite fille blonde avec des couettes a ouvert. Et puis, plus rien...




Feuillet 5


J'ai eu de la chance... Quand j'ai repris mes esprits, j'étais dans le camion des pompiers qui filait à toute allure. Trois jeunes gars s'activaient autour de moi. J'avais un masque sur le visage, et des électrodes étaient collées sur ma poitrine.


- Il revient !

- OK, je préviens l'hôpital...

 

J'ai appris plus tard que dans la maison, il y avait une dame qui connaissait les gestes de premiers secours. Quand la petite l'a appelée, elle a immédiatement téléphoné au Samu. Elle m'a massé et fait du bouche à bouche pendant vingt minutes. Il faudra que je les retrouve toutes les deux...


Dans le camion, j'entendais la sirène et les pompiers qui criaient des phrases brèves, j'entendais les bips des appareils qui effectuaient des mesures, j'étais comme dans un rêve. Par la fenêtre, au-dessus de la partie opaque, je voyais les arbres qui défilaient. Je ne sais pas pourquoi, à ce moment-là, j'ai eu la certitude que cette fois ne serait pas la dernière. J'ai fermé les yeux et je me suis laissé aller.


De l'arrivée à l'hôpital, je ne me rappelle rien. Mais j'imagine bien la voiture qui s'engouffre dans les urgences, les médecins et les brancardiers qui se précipitent, les pompiers qui donnent les dernières indications et le passage en salle d'intervention.





Feuillet 6


- Comment vous sentez-vous ?

- Bien, je suppose. Non, à vrai dire, j'ai mal à la poitrine, sur le dessus et sur le côté.

- Vous avez fait un infarctus. On vous a fait un massage cardiaque. Vous avez plusieurs côtes cassées. Ces douleurs sont tout à fait normales. Je vais vous donner quelque chose.

- Merci.

 

On dirait un gamin. A le voir, je lui donne à peine plus de vingt ans. Ses cheveux bruns sont coupés en brosse et se redressent sur sa tête. Il porte des petites lunettes rondes comme John Lennon. A travers, je vois ses yeux verts qui pétillent. Il a l'air fatigué. Lui non plus n'a pas dû dormir beaucoup.


- C'est la première fois que vous faîtes une attaque ?

- Oui.

- Y a-t-il des antécédents dans votre famille ?

- Mes deux grands-pères sont morts d'une crise cardiaque.

- Vous fumez ?

- J'ai arrêté depuis 5 ans.

- Sage décision. Vous avez quel âge ?

- 45 ans.

- Vous consommez des excitants, de l'alcool ?

- Pas mal de café.

- Combien ?

- Je ne sais pas... 8, 10, 12 par jour...

- Pfffffff... Est-ce que vous êtes stressé ?

- C'est à dire que j'ai une vie plutôt bien remplie. J'ai un travail assez prenant. Je consacre du temps à des activités militantes. Je ne dors pas beaucoup parce je suis un faux calme qui cogite beaucoup et puis j'ai un blog sur lequel je poste des textes que j'écris. Et puis, j'ai deux petits dont je dois m'occuper car leur mère a des horaires délirants...

- Ca va, j'ai compris. Il va falloir lever un peu le pied, Monsieur. La machine ne va tenir le coup trop longtemps à ce rythme-là. C'est quoi ce blog ?

 

Au fur à mesure des questions, il remplit un questionnaire. Je suis étonné par tant de professionnalisme de sa part. Il ne semble pas hésiter une seconde. Ses gestes sont précis, efficaces.


- Est-ce que ma femme est prévenue ?

- Votre portable a sonné, tout à l'heure. C'était elle. On lui a demandé de rappeler en fin d'après-midi.

- Il est quelle heure ?

- Un peu plus de 14h30.

- Vous vous appelez comment ?

- Sacha... Euh, Docteur Marsy. Je suis interne. Je suis chargé de m'occuper de vous. Ne vous inquiétez pas. Vous feriez mieux de vous reposer un peu.

- Merci à vous, Docteur.

 




Feuillet 7


Bon. Je crois que vous savez à peu près tout. Je ne vous oublie pas. Je ne boude pas. Je suis seulement coincé à 100 bornes de chez moi et des miens. Comme ma femme ne conduit pas et qu'elle est toute seule avec les gosses, je ne la verrai pas avant vendredi. Ses parents vont arriver, elle prendra un taxi. Tous me manquent terriblement, je voudrais les serrer contre moi, leur dire une fois encore que je les aime.


Alors, j'ai demandé à Sacha de me donner du papier et je vous ai raconté mon aventure entre deux sommes. Comme il est très intéressé par mon histoire de blog, je lui ai demandé de vous faire parvenir mon texte. Il m'a promis de le mettre en ligne à la fin de sa garde vendredi matin.


Très vite, je vous donnerai des nouvelles.


A +

Roland

 

 

 

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (41)    recommander
Lundi 25 février 2008

Vous êtes comme moi ? Vous ne pouvez plus vous passer de Roland Ivy ? A chaque fois, c'est la même angoisse qui vous étreint et qui, pour certains d'entre vous, vous réveille la nuit ? Plusieurs fois par jour, vous vous inquiétez de savoir si vous ne seriez pas passé à côté d'un article paru depuis votre dernière visite ?

Ne dîtes pas le contraire, je vous ai vus. Le nombre de visiteurs uniques étant sans commune mesure avec le nombre de pages fréquentées quotidiennement (J'ai les stats, moi !...) vous êtes plusieurs à vous diriger sur ce site plusieurs fois par jour...

Ne paniquez plus. J'ai The Solution. Abonnez-vous à la newsletter. C'est simple, gratuit et efficace.

A chaque fois qu'un nouvel article est publié sur le site, un courrier électronique vous en informe. Pour réaliser cette manoeuvre qui va vous simplifier la vie, c'est facile : Regardez dans le bandeau à droite, le cadre " Newsletter ", saisissez votre adresse e-mel et validez. C'est tout.

A+

 

Roland 

 

par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (11)    recommander
Vendredi 22 février 2008

Internet et ses moteurs de recherche sont parfois bien cruels…

Ceux qui ont lu mon tout premier article savent que je ne m’appelle pas Roland Ivy et que j’ai choisi ce nom de plume pour ce blog. Vous êtes d’ailleurs nombreux à utiliser un pseudo dans les vôtres. Ceci est tout à fait respectable et je ne vais pas divulguer des identités gardées secrètes… Si vous vous attendiez à ça, fermez cet article et passez à autre chose.

Donc, Roland Ivy n’existe que depuis quelques mois sous ce nom et mène une existence tout à fait normale sous sa réelle identité.

Il se trouve que rares sont ceux qui la connaissent ; il en est mêmes quelques-un(e)s que j’ai pu rencontrer dans la vraie vie et/ou dans d’autres espaces du net. L’un(e) d’entre ceux-là est lui(elle)-même venu sur ce site et y a laissé des commentaires sans que je soupçonne l’avoir préalablement rencontré(e).

Et bien ce masque est désormais tombé et j’en suis tout abasourdi. En quelques menues recherches, j’ai découvert ce que je pressentais sans véritablement m’en préoccuper.

Je voudrais tout de suite rassurer Chris. Je suis tout aussi nul qu’elle en informatique et je suis totalement incapable de percer le mystère des adresses IP. J’ai tout simplement exploité des indices laissés par inadvertance (ou sciemment) que j’ai recoupés pour arriver à la certitude que l’un(e) de mes visiteurs/euses est une personne qui tient un autre site que je fréquente aussi sous un autre nom (son véritable ?).

Comme il s’agit de quelqu’un(e) pour qui j’ai beaucoup d’affection, je suis tout ému.

En fait, si je vous écris tout ça, c’est pour vous mettre en garde, vous tous/toutes qui vous croyez bien à l’abri derrière vos pseudos, tout en me demandant combien de temps je pourrai continuer à me cacher derrière Roland.

Pour ce qui est de cette personne, je sais pertinemment qu’il/elle ne dira pas mon véritable nom et qu’elle sache qu’il/elle a toute mon affection…

par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (14)    recommander
Mercredi 20 février 2008

Je venais juste de garer la voiture sur le parking du plateau et j'avais fait à pied les quelques mètres d'ascension me menant vers le promontoire qui permettait de jouir du panorama au dessus des pins. Le jour n'était pas encore levé mais la nuit était claire. Je m'étais assis en tailleur sur le banc face à la plaine qui s'étendait à l'horizon.  

Depuis qu'ils m'avaient désactivé, j'avais profité des jours de repos que la Direction Technique de la Rol.Ivy Inc. m'avait octroyés. La maintenance avait fait du bon boulot. Je me sentais en pleine forme, reposé. J'allais bientôt pouvoir reprendre mes activités de robot producteur de textes auprès des abonnés qui n'avaient pas manqué de faire savoir que cette pause ne leur avait pas plu, même si j'avais programmé la mise en ligne d'un texte pour la Saint Valentin. A ma réactivation, j'avais constaté que j'étais passé à la version Rol.Ivy.2.1. Sans doute quelques fonctionnalités supplémentaires apportées par la Direction Technique...  

Tirant mon harmonica de ma poche, j'ai commencé à jouer des notes lentes et grasses en regardant le soleil qui montait à l'horizon. Ma musique sonnait dans le silence de la forêt toute nimbée de nuances orangées. J'ai savouré ce moment de solitude en pensant que, chez moi, ma maisonnée devait encore être endormie. 

- Joli blues, Apprenti Roland.
- Maître Scribus, vous étiez là ?
- Je viens juste d'arriver. La musique, j'ai pu apprécier, Apprenti Roland.
- Qu'est-ce qui vous amène ? Une nouvelle leçon ?
- De leçons, tu n'as plus besoin.
- Pardon ?
- Ta formation, désormais, est terminée, j'ai dit.
- Mais il me reste tant à apprendre, Maître Scribus. Mes lecteurs attendent que je leur envoie de nouveaux textes. Il me faut encore approfondir les procédés littéraires, la sémantique, la grammaire, la rhétorique et bien d'autres aspects.
- Tout cela, dans les livres, tu trouveras, Apprenti Roland.
- Mais ce n'est pas rien qu'en lisant qu'on devient écrivain, Maître Scribus. Il faut connaître la théorie, avoir des indications de lectures, des pistes à explorer, des auteurs à ne pas négliger. Ma culture est tellement lacunaire...
- Raison tu as, Apprenti Roland. Aussi, continuer à lire, il faut. Lire est indispensable mais pas suffisant. Pour devenir écrivain, Apprenti Roland, c'est écrire que, toujours, tu dois.
- Mais les programmes qui me sont téléchargés continueront bien à alimenter ma fonction de production de textes ? J'aurai de nouvelles mises à jours ? 
- Décidément, Apprenti Roland, incorrigible, tu es. Comment n'as-tu pas encore compris qu'un robot, tu n'es pas ? Un être humain fait de chair, de sang et de larmes, tu es, Apprenti Roland. Les mises à jour, toi-même, tu les feras. Faire, toi-même, les recherches tu devras. Personne, cet effort, ne peut faire pour toi, Apprenti Roland. Explorer de nouveaux textes, tu essaieras. Revoir les anciens, aussi. La voie que tu t'es choisie, suivre tu devras.
- Je ne suis qu'un petit scribouillard, Maître Scribus. Mon blog est à peine confidentiel. J'écris mes histoires comme elles me viennent. Il n'y a rien de construit, rien de suivi. Tout est au feeling, au plaisir. Comment voulez-vous que j'y arrive ?
- Continue donc à faire comme d'habitude, Roland. Ton coeur et tes yeux, ouvre-les en grand. Continue à t'émouvoir, à avoir des colères. Continue à te faire plaisir. Continue de vouloir, aux autres, faire plaisir. Pas d'autre secret, il y a. Maintenant, apprenti tu n'es plus, Roland. Tu seras ce que tu feras. Le destin n'existe pas. Rien, d'avance, n'est écrit, Roland. Rêve ta vie. Vis tes rêves. Heureux tu seras.


Pendant qu'il parlait, le disque du soleil montait derrière son dos. D'un coup, un rayon m'a ébloui et j'ai fermé les yeux. Quand je les ai ouvert à nouveau, il avait disparu.  

Juste avant de partir, j'ai joué un dernier blues pour le soleil, les arbres et les oiseaux.

 

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : L'écriture dans tous ses états
ajouter un commentaire commentaires (14)    recommander
Mardi 19 février 2008

Evidemment, il fallait trouver Les Trois Mousquetaires dont vous trouverez le texte en ligne en cliquant ici.

Je ne vais pas me lancer dans une lecture commentée de l’ouvrage – je n’en ai ni le talent ni le courage - mais sachez tout de même qu’au premier chapitre, d’Artagnan reçoit de son père la veille de son départ les 3 présents suivants : 15 écus, un cheval et une lettre de recommandation pour M de Tréville le Capitaine des mousquetaires du Roi.

Avant de le quitter, son père l’envoie saluer sa mère en ces termes :

[…]
Votre mère y ajoutera la recette d'un certain baume qu'elle tient d'une bohémienne, et qui a une vertu miraculeuse pour guérir toute blessure qui n'atteint pas le cœur.
[…]

Ca ne vous rappelle rien ? Ce baume, sort directement de Don Quichotte. Quichottine y a même consacré un article. La recette est bien similaire (voir ci-dessous) mais son efficacité est bien meilleure chez d’Artagnan qui s’est fait rosser en arrivant à Meung que sur Don Quichotte et Sancho. L’aubergiste compte bien que le piètre état de notre pauvre garçon ne lui permettra pas de reprendre sa route. Mais…

[…] 
L'hôte avait compté sur onze jours de maladie à un écu par jour, mais il avait compté sans son voyageur. Le lendemain, dès cinq heures du matin, d'Artagnan se leva, descendit lui-même à la cuisine, demanda, outre quelques autres ingrédients dont la liste n'est pas parvenue jusqu'à nous, du vin, de l'huile, du romarin, et, la recette de sa mère à la main, se composa un baume dont il oignit ses nombreuses blessures, renouvelant ses compresses lui-même et ne voulant admettre l'adjonction d'aucun médecin. Grâce sans doute à l'efficacité du baume de Bohême, et peut-être aussi grâce à l'absence de tout docteur, d'Artagnan se trouva sur pied dès le soir même, et à peu près guéri le lendemain.
[…]

Pas de doute, Dumas Père avait bien lu Cervantès. Mais lui, il ne voulait pas ridiculiser son héros. C’est pourquoi, il a rajouté quelques ingrédients " gardés secrets " et qu’il ne fait pas boire sa mixture à d’Artagnan. Ce dernier en enduit ses blessures…

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 18 février 2008

Tout le monde se rappelle que j’adore emmener mes enfants à la bibliothèque. Au hasard d’un livre dont me parlait mon avant-dernier fils, je me suis rendu compte que, si je le connaissais depuis toujours, je ne l’avais jamais lu. Alors, j’ai profité de mes (longues) vacances pour réparer cette lacune.

Je commence donc la lecture du livre en question et je me retrouve face à un texte qui me fait immédiatement penser à notre Quichottine nationale (et internationale) parce qu’on y parle de son personnage préféré.

Jugez plutôt :

" […]

Un jeune homme… – traçons son portrait d’un seul trait de plume : figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans, don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissards, don Quichotte revêtu d’un pourpoint de laine dont la couleur bleue s’était transformée en une nuance insaisissable de lie-de-vin et d’azur céleste. Visage long et brun ; la pommette des joues saillante, signe d’astuce ; les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon, même sans béret, et notre jeune homme portait un béret orné d’une espèce de plume ; l’œil ouvert et intelligent ; le nez crochu, mais finement dessiné ; trop grand pour un adolescent, trop petit pour un homme fait, et qu’un œil peu exercé eût pris pour un fils de fermier en voyage, sans sa longue épée qui, pendue à un baudrier de peau, battait les mollets de son propriétaire quand il était à pied, et le poil hérissé de sa monture quand il était à cheval.

Car notre jeune homme avait une monture, et cette monture était même si remarquable, qu’elle fut remarquée : c’était un bidet du Béarn, âgé de douze ou quatorze ans, jaune de robe, sans crins à la queue, mais non pas sans javarts aux jambes, et qui, tout en marchant la tête plus bas que les genoux, ce qui rendait inutile l’application de la martingale, faisait encore également ses huit lieues par jour.

Malheureusement les qualités de ce cheval étaient si bien cachées sous son poil étrange et son allure incongrue, que dans un temps où tout le monde se connaissait en chevaux, l’apparition du susdit bidet à Meung, où il était entré il y avait un quart d’heure à peu près par la porte de Beaugency, produisit une sensation dont la défaveur rejaillit jusqu’à son cavalier.
[…] "

L’objet de la devinette est de me dire d’où sort cet extrait. Allez, c’est facile. Il y a un indice qui devrait vous mettre sur la piste en un clin d’œil. A vos marques, prêts, c’est parti !

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Au fil des mots
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Jeudi 14 février 2008

Elle regarde dans le rétroviseur, met le clignotant et ralentit le long de la file de voitures garées sur sa droite. Doucement, elle commence son créneau et range sa Twingo dans la place qu'elle vient de repérer. Après avoir coupé le contact, elle jette un coup d'oeil dans la glace. Elle s'est maquillée légèrement. Elle vérifie que le rouge discret qu'elle a appliqué sur ses lèvres n'a pas bavé.

- Comment me trouvera-t-il ? se dit-elle en fouillant dans son sac à main posé sur la banquette du côté passager. J'espère qu'il ne sera pas trop déçu, qu'il ne me trouvera pas trop vieille. Je suis bête. Il le connaît mon âge. Il ne s'attend pas à rencontrer Carla Bruni. 

Machinalement elle ressort la feuille de papier sur laquelle elle a imprimé le courrier électronique qu'il lui a adressé dimanche dernier.

Ma boîte m'envoie en mission dans ta ville jeudi prochain. Si tu le veux, on peut se voir.
Je t'embrasse.

Il passe devant une vitrine et regarde l'image qui se reflète. Le grand type en face de lui est en costume et porte cravate. L'image classique du cadre dynamique qui commence à avoir de l'expérience. Il aurait préféré repasser à son hôtel pour se changer après la réunion mais il n'en a pas eu le temps. Bientôt 19h30. Son rendez-vous est pour bientôt. Il extrait de la poche intérieure de son pardessus la réponse qu'elle lui a envoyée lundi matin.

C'est ok pour jeudi. Je te donne rendez-vous Place des Trois Colonnes. 
Disons à 19h30. Ça te va ? 
Bises 

Ça fait maintenant plus de six mois qu'ils correspondent ainsi. Parfois ce sont de tout petits messages, parfois de grandes lettres dans lesquelles ils se racontent leur vies. Ils se sont rencontrés sur leurs blogs respectifs. Chacun y publiant des textes de fiction ou d'humeur. Au début, ils se sont envoyé des commentaires trouvant chez l'autre des affinités avec leur propre sensibilité. Une réelle connivence s'est établie. Bien sûr, leurs deux sites ayant une certaine audience, les commentaires pleuvaient de toute part chez l'un et chez l'autre. Pourtant, à la publication de chaque nouvel article, ils se sont surpris à attendre respectivement la réaction de l'autre. Ce n'est pas que les commentaires des autres lecteurs ne les intéressaient pas, bien au contraire. Ils attendaient simplement de savoir ce que l'autre aurait pensé et aurait dit. Et puis, un jour, sans doute parce que le commentaire à faire était trop personnel et qu'il n'avait peut-être pas à être connu de tous, c'est sur leurs boîtes privées qu'il ont commencé à échanger. De message en message, la connivence s'est muée en intimité. Une réelle affection est née entre eux. 

Au fur et ma mesure de leur correspondance, ils ont ressenti un vrai trouble. Comme un coup de foudre intellectuel... Chacun de son côté avait sa vie, ses amours, ses ennuis et ses moments de bonheur. Leurs vies continuaient mais ils savaient qu'il y avait de l'autre côté du fil quelqu'un avec qui ils auraient aimé partager davantage. Et puis, ce soir, ils allaient se croiser autrement. Peut-être allaient-ils être déçus. Ils ne savaient pas, ils verraient bien...

Ils sont assis face à face à une petite table du restaurant où ils ont pu dénicher une place. Aujourd'hui, les restaurants sont bondés. Il y a tant de couples qui fêtent ensemble la Saint Valentin. Comme ils sont très à l'étroit, leurs genoux se touchent sous la table. Ils parlent peu. Ils se regardent. Leurs yeux brillent, ils ont un sourire aux lèvres. Ils n'entendent pas l'agitation des serveurs autour d'eux ni les conversations des autres clients. Ils sont seuls au monde.

- Raconte-moi une histoire.

Il se recule sur sa chaise et lève les yeux vers le plafond.

- Tu vois, ce jeune couple dans le coin ? Lui, il ne tient pas en place. Il lui dit qu'elle est belle et qu'il est heureux avec elle. Il lui dit que depuis qu'il l'a rencontrée, sa vie a changé. Il lui dit que maintenant qu'ils se connaissent un peu, il voudrait qu'ils vivent ensemble. Il lui dit qu'il voudrait qu'ils aient un enfant, qu'ils l'aimeraient ce petit et qu'ils seraient tellement heureux tous les trois. Elle, elle ne se sent pas bien. Elle n'a pratiquement rien mangé. Ça ne passe pas. Elle ne sait pas comment lui dire qu'elle a été contente de partager ce bout de vie avec lui mais que, définitivement, il n'est pas l'homme de sa vie. Elle ne veut pas lui faire peine. C'était bien, mais c'est fini. Elle se dit que ce jour, précisément ce jour, est peut-être le meilleur ou le pire pour lui annoncer ça. Elle hésite encore mais elle va le faire.

Pendant qu'il parlait, leurs mains se sont jointes de chaque côté des assiettes. Chacun tripote l'alliance de l'autre dans le silence qui suit le récit qu'il vient de faire.

- A toi...
- Bon d'accord... Tu vois ce couple dans le coin ? Lui, il ne tient pas en place. Il lui dit que ce n'est pas grave si cette fois encore, la fivette qu'ils ont tentée n'aura pas fonctionné. Il lui dit qu'elle est jeune et qu'ils essayeront encore, qu'ils iront voir un autre spécialiste sur Lyon. Il lui dit qu'il l'aime plus que tout et que s'ils n'arrivent pas à avoir un enfant, ils entameront une démarche d'adoption. Il lui dit que, quand le petit sera là, ils seront heureux tous les trois. Elle, elle ne sent pas bien. Elle, n'a pratiquement rien mangé. Elle se sent toute nauséeuse. Elle l'écoute parce qu'elle ne veut pas l'interrompre. Pourtant, elle doit lui dire que l'insémination a réussi cette fois. Deux des trois embryons implantés sont solidement accrochés. Elle a vu le médecin ce matin. Ils vont avoir un enfant, deux peut-être. Elle voudrait le lui dire mais il parle tout le temps. Alors elle attend qu'il ait fini. Mais tout à l'heure, elle le lui annoncera. Elle est tellement heureuse de pouvoir le faire aujourd'hui, surtout aujourd'hui.

Juste après le dessert, en attendant les cafés, elle plonge la main dans son sac posé à ses pieds. Elle sort un paquet qu'elle lui tend par dessus les verres. Il sourit en prenant le cadeau dont il sait qu'il contient un livre. Sans l'ouvrir, il se soulève de sa chaise et l'embrasse lentement. Quand il se rassied, elle découvre une clé usb à sur sa serviette de table.

- Tu as fait tomber ça...
- Je ne l'ai pas fait tomber. C'est mon cadeau.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Tu verras... C'est un livre, je l'ai écrit pour toi.
- Mer.., merci.
- Et merci à toi aussi.

Il ouvre son paquet et découvre l'intégrale des nouvelles d'Hemingway. Ses yeux s'allument. Il se retient de se plonger tout de suite dans la lecture.

Peu à peu, la salle s'est vidée et il faut quitter le restaurant. Il se retrouvent sur le trottoir et elle lui propose de le raccompagner à l'hôtel. Le trajet ne dure pas longtemps dans les rues désertes. Maintenant, ils sont devant l'hôtel et ne veulent pas se quitter. A ce moment là, ils se demandent pourquoi Cupidon leur a joué ce tour. Pourquoi ne sont-ils pas rencontrés avant ? Dans le flot des trains qui démarrent depuis des siècles, pourquoi faut-il que ce ne soit qu'à l'occasion d'une correspondance que le destin les réunit ?

- Tu pars à quelle heure demain ?
- Je prends le premier avion. Le taxi doit me prendre à 6 heures. Est-ce... Est-ce que tu es pressée ?
- Pas vraiment. A cette heure, mon mari doit être couché.
- On... On va faire un tour ?

En guise de réponse, elle passe son bras sous le sien et l'entraîne dans les rues endormies.

 

 

 

par Roland Ivy publié dans : Histoires comme ça communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (16)    recommander
Vendredi 8 février 2008

Notre robot générateur de textes Roland Ivy 2.0 est actuellement indisponible pour cause de maintenance. Après plus de trois mois de bons et loyaux services au cours desquels nous n’avons eu à déplorer qu’une seule panne, il nous a semblé pertinent de le renvoyer dans nos ateliers pour réaliser quelques opérations d’entretien courant : vidange, purge des durits, vérification des circuits, dépoussiérage du cerveau positronique, mise en sommeil prolongé, exposition au soleil, ré-initialisation des programmes…

Ces opérations peuvent prendre un certain temps qu’il nous est impossible de fixer à l’avance.

Aussi, vous invitons-nous saisir l’opportunité de cette mise en veille de la fonction " nouveaux articles " pour finir l’exploration des textes déjà en ligne. Bien évidemment, la fonction " dépose de commentaires " est toujours opérationnelle mais seulement avec " réponse différée " de la part de notre Roland Ivy 2.0 quand celui-ci reprendra ses fonctions (ce qui ne dépassera pas une quinzaine de jours en tout état de cause).

Bien cordialement

La Direction Technique de la Roland Ivy Inc.

par Roland Ivy publié dans : Humeurs
ajouter un commentaire commentaires (19)    recommander
Mercredi 6 février 2008

Ce soir, il y a du foot à la télé.

Alors, emmenez vos femmes au restaurant.

SUCCES GARANTI !!!!!!!

Pour d'autres conseils :

http://roland.ivy.over-blog.com/article-15443251.html

par Roland Ivy publié dans : Humeurs communauté : L'écriture dans tous ses états
ajouter un commentaire commentaires (12)    recommander
Mercredi 6 février 2008
Cette fois encore, je vous livre le top 5 des articles les plus fréquentés au cours du mois écoulé :

1. Retour de vacances
2. Conseils aux (jeunes) lecteurs
3. Histoire de pommes
4. Aujourd'hui je me livre, un peu, beaucoup, (trop)
5. Parce que je le vaux bien

Et comme je le fais chaque mois, je vous indique la liste de mes articles préférés

1. Carte des vins
2. Conseil aux (jeunes) lecteurs
3. Ce soir
4. I, Ro(land)bot
5. Le ciel m'est tombé sur la tête.

Un grand merci pour tout le plaisir que vous me donnez et pour votre fidélité.
A la prochaine fois
par Roland Ivy publié dans : Hits parades mensuels
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander

Qui c'est celui-là ?

Créer un Blog

Vous me l'avez écrit

Recherche

Calendrier

Février 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29    
<< < > >>
 
referencement de site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus