Roland Ivy
L'homme aux mille vies, et qui s'y accroche...
Lierre : n.m. (anc. fr. l'iere, du lat.
Hedera) Plante ligneuse grimpante à feuilles persistantes, à baies noires toxiques,
qui se fixe aux murs, aux arbres par des racines crampons. (Genre Hedera ; famille des araliacées).
Le Petit Larousse Illustré, édition 2007
Définitivement, une seule vie, ça n’est pas assez. Alors, j’ai décidé que j’en aurai davantage, beaucoup, au moins mille. Ce sont ces vies rêvées, imaginées, fantasmées que je vous présente dans ces pages.
Certaines sont plus longues que d’autres ; je les ai rangées dans des tiroirs spéciaux. C’est le cas pour " Volutes " et pour " Modèle vivant ".
Quand on a mille vies, il est normal qu’on en profite pour revisiter l’histoire. C’est ce que je fais dans " Fri(c)tions historiques ".
Tout le reste est rangé dans " Humeurs " ou "Histoires comme ça", tout simplement parce que je n’ai pas trouvé mieux que ces titres.
Bonnes Lectures
Roland
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Elle m’attendait dans le café d’en face quand je suis sorti du commissariat. Elle m’a fait des grands signes de la main pour que je vienne la rejoindre.
- Et bien. C’était long.
- En effet, sept heures d’audition pour un simple témoignage, ça commence à faire.
- Je voulais avoir de vos nouvelles… J’avais peur de vous avoir causé des problèmes.
- Des problèmes, pourquoi donc ?
- A cause de ma méprise quand je leur ai donné votre nom en les appelant hier soir. Quand l’inspecteur qui vous a interrogé vous a emmené dans le bureau du commissaire, j’ai cru qu’il y avait un souci. Je me sens tellement bête d’avoir cru que votre nom sur le billet était celui du type.
- Ca n’a rien à voir. Ne vous inquiétez pas. En fait, il voulait m’entendre parce que moi aussi j’avais appelé la police hier soir avant de redescendre. Au départ, quand je suis rentré chez moi, j’ai cru que le pauvre gars voulait forcer la porte. Comme il me semblait bizarre, je voulais qu’ils viennent voir par eux-mêmes.
- Et alors ?
- L’agent que j’ai eu au téléphone ne m’a pas pris au sérieux et comme il semble qu’en ce moment il ne soit pas au mieux dans son travail, le commissaire voulait connaître ma version des faits et puis excuser l’attitude de son gars…
- Il va avoir des ennuis ?
- J’en sais rien. J’espère que non.
- Et vous avez des nouvelles du blessé ?
- Il va s’en sortir. Il a été salement amoché. Avec ça, il n’est pas en très bon état général. La rue, ça démolit… Ils sont à la recherche de sa famille.
- Tant mieux. Tant mieux… Bon, je vais devoir vous laisser. Vous savez comment je peux aller à la gare de Lyon ?
- Le mieux, ce serait de prendre un taxi. A moins que vous souhaitiez que je vous y dépose .
- Ca serait rudement gentil. J’ai appelé mon fiancé, il arrive par le train de 17h56.
- On a juste le temps, alors.
- Pendant qu’on y est, vous ne connaîtriez pas un petit restaurant pas trop cher ? Avec tout ça, je n’ai pas eu le temps de faire les courses…
- Si vous voulez, passez donc à la maison ?
- Vraiment ? Ca ne vous dérange pas ?
- Si je vous invite… Mais votre fiancé, il ne va pas vouloir vous avoir rien que pour lui ?
- Non, non. Il est très cool et puis, on ne restera pas trop tard. Il faudra nous excuser.
- Alors, c’est parti. Juste le temps d’un coup de fil et on y va.
- D’accord…
- Allo… C’est moi… Et non, il m’ont libéré… Pat, s’il te plaît, tu ne pourrais pas baisser la musique ? … Ah, on s’entend mieux… Oui, j’ai reconnu… Tommy, des Who… Bon écoute… Ce soir, on a des invités… La jeune fille du troisième et son fiancé… Est-ce que tu peux nous préparer un petit quelque chose à ta façon ?… Un apéro amélioré ?… Si tu veux... Pas de problème… Je passe juste la déposer à la gare pour qu’elle récupère son ami et j’arrive… Oui, je rangerai avant… Je suppose qu’ils vont prendre un peu de temps pour eux quand même… A tout à l’heure… Attends… Patrice… Pas la peine d’en faire trois tonnes, on sera juste quatre… Je t’embrasse.
Vous me l'avez écrit