Mercredi 24 juin 2009

 

Les habitués le savent, mon emploi du temps est à géométrie variable alors ma production sur ces pages varie au fil de mes (in)disponibilités. Depuis quelques semaines, elle s'est réduite à quelques articles constitués de deux phrases exclusivement, idée qui m'a été donnée par un « vieil ami » à moi qui a lancé ce petit jeu auprès des membres du carnet d'adresses de son courrier électronique.

 

Mais là n'est pas la question.

 

Aujourd'hui, je me vois contraint de rogner un peu sur mon petit temps libre pour ouvrir une parenthèse avec le texte qui suit.

 

C'est la faute de Quichottine...

 

Récemment, elle a déclaré que j'étais un « écrivain qui s'ignore », ce qui m'avait poussé à lui répondre :

 

JE NE SUIS PAS UN ECRIVAIN QUI S'IGNORE !!!!!!!!!!!!
Je suis juste un type qui écrit (quand il a le temps, ce qui est parfois difficile en ce moment) des histoires. Comme j'ai définitivement décidé qu'une seule vie, c'était totalement insuffisant, je m'en suis attribué 1000. Ça me laisse de la marge pour faire des rencontres, des conneries, des blagues à mes lecteurs etc.

Au grand désespoir de Quichottine, je me dois de vous dire que je n'ai aucune, aucune envie d'être publié un jour. Mes histoires sont là pour qui veut les prendre. C'est tout !


Dans son billet d'aujourd'hui, elle revient sur l'affaire. Elle y évoque un droit de réponse de ma part dont je considère que l'excès d'honneur/attention/affection/et plein de trucs en -tion qui m'est fait transforme en devoir de réponse...

Que mon nom n'ait jamais été imprimé sur la couverture d'un livre n'a rien à voir avec le fait que je me considère ou non comme un écrivain. Que je ne vive pas de ma plume non plus. A vrai dire, je m'en moque comme de ma première couche-culotte. Pour moi, le problème est ailleurs.

Quand je prépare un repas – j'irai même jusqu'à dire quand je cuisine – je ne suis pas un cuisinier.

Quand je gratouille mon ukulele ou je tire quelques notes de mon harmonica, même si ce qui en sort est agréable, je ne suis pas un musicien.

Quand, je soigne un de mes enfants blessé ou malade, je ne suis pas un médecin.

Quand je tape la balle avec des copains, je ne suis ni un tennisman ni un footballeur.

Quand... ( je pourrais continuer encore longtemps mais j'ai pitié de vous...)

Alors, quand j'écris une histoire - même si elle vous émeut, vous irrite, vous inquiète, vous bouleverse, vous ennuie (j'en passe et des meilleures...) - que cette histoire soit totalement inventée, qu'elle soit auto-biographique ou un mélange des deux, je ne suis pas un écrivain.

Je revendique, HAUT et FORT (je sais, je crie...), le fait d'être un dilettante.

Bien sur, je m'attache à ce que je vous propose soit réussi. (Qui chercherait à dégoûter ses convives ? Qui prendrait plaisir à casser les oreilles de son auditoire ? Qui voudrait faire mal à une personne déjà dans la détresse [Là, j'ai bien quelques idées mais je les garde pour moi...] ? Qui se moquerait de mettre toutes ses balles dans le filet ou à rater le but à chacun de ses tirs ? Qui... ( je pourrais continuer encore longtemps mais j'ai pitié de vous... [bis]) ?

Pour moi, traverser cette vie – et toutes celles que je m'invente au fil de ces pages – constitue déjà un challenge que je m'efforce de réussir vaille que vaille. Je n'ai pas l'intention de me prendre la tête pour des activités que je considère comme des respirations, des bulles d'air (de savon?) dans mon parcours et qui m'aident.

Il faut que je sois précis... Toutes ces parenthèses, ces pauses que je m'octroie sont essentielles pour moi mais je ne veux pas y accorder trop d'importance pour qu'elles restent ce que je veux qu'elles soient. (cf. le paragraphe précédent)

Le dilettantisme est un art de (sur)vivre. Je m'efforce de l'exercer de mon mieux.

Ces pages continueront à leur rythme, sans autre ambition que de vous fournir des textes tout en me permettant de prendre quelque plaisir à les écrire. N'attachez pas trop d'importance à notre Roland. Il continuera selon l'improbable trajectoire que ma propre vie voudra bien lui accorder.

En dilettante...

(NDLR : Je pourrais continuer encore longtemps mais j'ai pitié de vous... [ter])





Par Roland Ivy - Publié dans : Humeurs
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